20 principes à méditer avant d’écrire un livre

Les bonnes intentions ne suffisent jamais pour écrire un livre : il n y a rien de facile à cet exercice. S’asseoir pendant de longues heures devant une page, faire des recherches, des lectures, des notes… Rassembler et organiser toutes les idées issues de ces recherches, écrire, réécrire,… Tout cela est épuisant et vous avez parfois l’impression de tourner en rond. Parfois vous abandonnez votre manuscrit pendant quelques jours, voire des semaines afin d’y revenir la tête fraiche pour saisir votre travail d’écriture sous un autre angle.

Il est clair que dans ce travail d’écriture, vous faites de multiples tâches de façon intuitive : vous organisez vos idées, vous écrivez, corrigez les fautes d’orthographe, de grammaire, de conjugaison, vous définissez la police de votre texte, la taille, l’interligne et l’espacement des paragraphes…etc. Toutes ces tâches sont faites au gré de vos humeurs et des circonstances. Un matin, vous pouvez être fatigué et ne pas avoir l’envie d’écrire, alors vous allez vous contenter de travailler la mise en page du texte, ou revoir le style employé, …etc.

Il y a quelques jours, j’ai mis en ligne sur ce blog un guide pour écrire et surtout publier son premier livre. Ce guide parcourait toutes les étapes à consommer par un auteur pour avoir un livre disponible que sont :

  • Le choix du sujet,
  • La planification,
  • L’écriture,
  • L’édition,
  • La publication,
  • La vente,
  • Et enfin la promotion.

Dans cette présentation, je n’ai pas insisté sur la phase “écriture” dans la mesure où comme je le répète, la promotion est plus chronophage que l’écriture. Il y a plein d’excellents livres qui croupissent sur les étagères de librairies ou qui sont peu visitées sur les plateformes de vente en ligne. Cela dit, ce n’est pas une bonne raison pour ne pas s’attarder sur l’écriture. Par respect pour les lecteurs, il faut s’appliquer sur cette phase d’écriture.

Vous savez, le problème quand on aborde certains sujets comme un art, on se refuse à la méthode. On met tout sur la chapelle du talent. Alors, on sollicite “l’inspiration”. Face à une page blanche, on se concentre et on ferme les yeux, on les ouvre et muni de nos notes de recherche et de notre expérience, on se met à pondre des mots sur la page. On nous apprend plus à écrire des mots qu’à écrire. L’essentiel de la formation littéraire est partagée entre la lecture des grands classiques ou “grands auteurs” et l’internalisation des règles de grammaire, d’orthographe et conjugaison. Même les “dissertations” et “rédactions” sont tellement formatées que lorsque nous sortons de ce cadre, on se retrouve démuni.

Le tableau ainsi peint n’est pas aussi sombre qu’on le croit puisque tout le monde pratique l’écriture : on écrit des lettres, des mails, des rapports, des textos et SMS,…etc. C’est plutôt la discipline et l’organisation qui manquent à plusieurs personnes pour arriver à produire un livre. Et surtout quand l’écriture est considérée comme une activité “créative” qui n’obéit à aucune règle formelle, personne ne veut se lancer dans une activité dont on ne sait jamais quand elle sera terminée. Est-ce que les multiples tâches liées à l’activité d’écriture ne peuvent pas être regroupées et présentées de façon cohérente afin que l’écriture soit beaucoup plus intelligible pour plusieurs d’entre nous? Qu’enfin on puisse sortir de l’image de boite noire associée à l’écriture qui pousse certains à l’assimiler à un art, au génie, au talent ou à toute sorte d’incantation évoquée pour se soustraire à la difficulté…?

Fort heureusement, Brandon Royal dans son livre “The Little Red Writing Book: 20 Powerful Principles of Structure, Style, & Readability” publié par Writer’s Digest Books en 2004, affirme que l’écriture repose sur quatre (04) piliers que nous allons présenter.

Tout d’abord, son livre part de l’observation suivant laquelle les étudiants et les professionnels qui s’adonnent à une écriture permanente le font grâce à la maitrise d’un nombre limité de principes importants d’écriture qu’ils utilisent et réutilisent au fil du temps. Brandon Royal a ainsi identifié une vingtaine de principes “immuables” de l’écriture et trente (30) règles de grammaire qu’il a regroupé en quatre piliers :

  • la structure,
  • le style,
  • la lisibilité,
  • la grammaire.

La structure vise l’organisation : il s’agit de décider dans quel ordre nous allons présenter les idées.

Le style décrit comment on écrit, en incluant comment on utilise des exemples spécifiques pour soutenir ce qu’on écrit.

La lisibilité a trait à la présentation, ou comment on fait un document visuellement plaisant et facile à lire.

La grammaire est l’expression du langage dans une forme correcte et acceptable.

On a ainsi 5 principes pour la structure, 10 pour le style, 5 pour la lisibilité et 30 règles de grammaire. Pour ceux qui veulent aller en profondeur et que la langue anglaise ne les gène point, ils peuvent toujours se procurer l’ouvrage.

Ces 04 piliers représentent une boussole qui peut nous guider dans notre travail d’écriture. En ayant en tête ces 04 points, cela peut démultiplier notre temps d’exécution.

Afin de vous faire une idée sur les principes , je me suis amusé à traduire quelques extraits. Ces traductions sont approximatives pour la simple évidence que je ne suis pas traducteur! Néanmoins, cela permet de vous faire une idée sur la qualité du livre de Brandon Royal que je conseille vivement à tous ceux qui veulent écrire un livre.

Sommaire

LA STRUCTURE

La structure concerne l’organisation des idées, la façon dont nous allons présenter les idées. Brandon Royal définit cinq (05) principes pour la structure :

1ER PRINCIPEECRIRE AVEC UNE APPROCHE TOP-DOWN : ECRIRE VOTRE CONCLUSION ET LA PLACER EN PREMIER.

Il n y a que dans les œuvres de fiction où la conclusion est masquée dans un suspense qui tient le lecteur en haleine du début à la fin de l’œuvre de fiction. Mais dans les écrits qu’on rencontre tous les jours, où le but est d’informer ou d’expliquer, on présente la conclusion d’abord aux lecteurs avant de dérouler les faits et les arguments qui soutiennent cette conclusion, qui nous amènent à cette conclusion. Il est vrai qu’il est dans la nature humaine de conclure plus à la fin qu’au début d’un exposé. Il s’agit de donner la destination au lecteur en premier, sans lui indiquer par quels chemins ou comment nous allons y arriver. C’est parfois frustrant de lire un document et de ne pas savoir où l’auteur veut aller. On aime bien quitter de la conclusion aux détails que de partir des détails pour la conclusion.

2ème PRINCIPE – BRISER/DIVISER LES CHOSES : DIVISER VOTRE SUJET EN 2 A 4 PARTIES, ET UTILISER UNE PHRASE D’INTRODUCTION.

En assumant que vous connaissez assez sur le sujet que vous voulez écrire, vous pouvez déterminer les blocs de base de votre construction. Vous pouvez diviser votre sujet de 2 à 4 parties mais la division en 3 parties est généralement recommandée.

Une fois que vous avez divisé votre sujet en 2 ou 3 catégories, vous devez résumer vos idées. La phrase d’introduction résume tout votre livre. Après, vous devez développer chaque idée de votre phrase d’introduction dans le livre.

Exemple :

Phrase d’introduction : La Chine deviendra une puissance économique, politique et militaire.

Développement :

La Chine est une puissance économique….

La Chine est une puissance politique…

La Chine est une puissance militaire….

Conclusion : La Chine est beaucoup plus puissante économiquement que politiquement ou militairement…

3ème PRINCIPE – UTILISER LES MOTS DE TRANSITION POUR SIGNALER LE FLUX, LE DEROULEMENT OU LA PROGRESSION DE VOTRE ECRITURE.

Les mots de transition, comme « mais » ou « cependant », sont appelés les feux de circulation du langage. Elles servent l’un des objectifs principaux suivants : pour montrer le contraste, pour l’illustration, la continuation, ou la conclusion.

Lorsqu’on utilise les mots « par exemple », « en premier », « en second », le lecteur s’attend à une illustration.

« Ainsi », «et alors », « donc », « par conséquent », « en conclusion », « finalement » : il s’attend à une conclusion.

« Cependant », « toutefois », « néanmoins », « pourtant », « d’un autre côté » signalent le contraste.

« En outre », « De plus », « Par ailleurs », « D’un côté », « sans aucun doute », signalent la continuation.

La méthode la plus simple d’écrire sur un sujet est la suivante :

  • Prendre une position,
  • Ecrire sa conclusion,
  • Commencer par « Il y a plusieurs raisons pour cela »,
  • Utiliser les mots de transition.
4ème PRINCIPE – EMPLOYER LES SIX (06) STRUCTURES DE BASE DE L’ECRITURE POUR ORDONNER/ORGANISER VOS IDEES.

L’écriture porte plus sur l’organisation des idées présentées et le poids accordé à ces idées. On attend toujours, devant un texte, que les idées soient déroulées logiquement, qui signifie typiquement de voir les idées les plus importantes en premier. Concernant le poids accordé aux idées, on attend que les idées les plus importantes bénéficient d’une large couverture.

Les six structures de base de l’écriture les plus communément utilisées sont les structures :

  1. Catégorielle,
  2. Evaluative,
  3. Chronologique,
  4. Comparative,
  5. Séquentielle,
  6. Causale,

Les structures où l’ordre est très important sont les structures chronologiques, comparatives, séquentielles et causales. Dans les structures chronologiques, vous discutez plus tôt les premiers évènements et vous avancer avec le temps. Dans les structures comparatives, les idées les plus importantes sont présentées avant toute autre idée. Pour les structures séquentielles, vous commencez par le premier point de la séquence et vous terminez par le dernier point de la séquence. Dans les structures de cause-à-effet, les causes sont d’abord identifiées et discutées, avant d’aborder les effets.

Dans les autres structures, l’ordre est moins important. Il s’agit des structures catégorielles et évaluatives. Si nous décidons de structurer notre écriture par catégorie, il n’y a pas de différence si nous commençons par exemple à parler du Brésil, de la Chine, ou de la France,…etc. Il en de même pour les structures évaluatives où il y a peu de différence si nous commençons à présenter la position des « pour » et celle des « contre », ou commençons par les « contre » pour terminer avec les « pour ».

Il y a aussi deux (02) structures classiques d’écriture moins formelles et souvent peu utilisées. Mais on mériterait de les signaler :

  1. « Question et Réponse » et
  2. « Problème et Solution ».

Note importante : Tout texte a généralement une introduction, un développement ou partie centrale et une conclusion. Les structures d’écriture portent sur le développement uniquement et non sur l’introduction ou la conclusion.

image Sommaire des 6 structures d’écriture, tiré du livre de Brandon Royal.

5ème PRINCIPE – GARDER LES CHOSES ENSEMBLE – FINISSEZ DE DISCUTER UN SUJET AVANT D’ALLER DISCUTER D’AUTRES SUJETS.

Imaginer que vous visitez un zoo où tous les animaux sont regroupés dans une grande cage. Cela ne serait pas seulement dangereux pour les animaux mais aussi impossible pour les visiteurs de voir les animaux de manière cohérente.

Quelque fois, un travail écrit peut être, malheureusement, à l’image d’un zoo dans lequel les différents animaux (les idées) sont dans une grande cage.

Les idées que nous décrivons quand nous écrivons (comme quand nous parlons) peuvent être groupées ensemble. C’est bien de finir de discuter une idée avant d’aller en discuter une autre.

Voilà ainsi présenter les cinq principes qui forment le premier pilier de l’écriture selon Brandon Royal. Nous allons aborder pour la suite les principes qui fondent le style.

LE STYLE

Pour rappel, le style qui décrit comment on écrit, en incluant comment on utilise des exemples spécifiques pour soutenir ce qu’on écrit.

Brandon Royal définit dix (10) principes pour le style :

1ER PRINCIPESUPPORTEZ / SOUTENEZ CE QUE VOUS DITES – UTILISER DES MOTS SPÉCIFIQUES ET CONCRETS POUR SOUTENIR CE QUE VOUS DITES.

Une différence majeure entre la bonne écriture (ou rédaction) et la mauvaise écriture tient avec les exemples concrets et spécifiques que vous utilisez ou que vous n’utilisez pas. Tenez, par exemple, vous écrivez sur la pomme. Toutes les pommes ne sont pas identiques. Quelle couleur ? Quelle forme ? Quel goût ?

Prenons un autre exemple dans le contexte de l’entreprise. Supposons qu’on affirme qu’une entreprise a vu ses profits chuter. Quels sont les détails face à cette affirmation ? Qu’est ce qui est spécifique ? Est-ce que le volume des ventes a baissé ? Est-ce que le prix de vente a été réduit ? Est-ce que les coûts ont augmenté ? Et si c’est le cas, de quel montant ? Notez la différence dans chacune des différentes déclarations.

Général mais pas spécifique : les profits de l’entreprise diminuent.

Général mais pas toujours spécifique : les profits de l’entreprise diminuent parce que les coûts augmentent.

Spécifique : les profits de l’entreprise ont diminué de 10% alors que l’ensemble des coûts a augmenté de 20%.

Encore mieux : les profits de l’entreprise ont diminué de 10% alors que l’ensemble des coûts a augmenté de 20%. En particulier, les dépenses salariales sont la principale cause de l’augmentation de ces coûts. L’augmentation des dépenses salariales tient à une compensation versée aux dirigeants…

Les exemples et les détails sont les choses que les personnes retiennent en lisant un texte ou un article.

Un arbitrage existe toujours entre la brièveté (ou concision) et le détail. Les détails vont rendre un texte long mais cela ne veut pas nécessaire dire que le texte est verbeux. La concision exige un nombre minimum de mots au niveau de la phrase tandis qu’un soutien suffisant demande beaucoup de phrases.

Un langage vague fragilise votre écriture car il pousse votre lecteur à deviner ce que vous voulez dire au lieu de se concentrer entièrement sur vos idées et votre style. Choisissez les mots spécifiques, descriptifs pour une écriture plus renforcée. Quelque fois, pour être spécifique et concret, vous serez obligé d’utiliser plus de mots que d’habitude. Ce qui est important, c’est de supprimer les mots qui ne sont pas nécessaires, qui ne supportent pas ce que vous dites.

Entrainez-vous à citer des exemples spécifiques.

Plusieurs écrits souffrent de superficialité. Ils apparaissent comme trop généraux. Des exemples abondent dans les milieux académique et professionnel. Une déclaration sans support mérite un rejet sans raison motivée. Une technique valable, qu’on peut utiliser quand on écrit les brouillons, est d’évaluer les points qu’on veut soutenir en plaçant « par exemple » immédiatement après avoir écrit ces points. Cela va vous donner l’assurance que vous allez offrir un support à vos arguments.

2ÈME PRINCIPE – PERSONNALISEZ LES EXEMPLES – AJOUTEZ DES EXEMPLES PERSONNELS POUR RENDRE VOTRE ÉCRITURE PLUS MÉMORABLE.

Le précédent principe (Utiliser des expressions spécifiques et concrètes pour soutenir ce qu’on dit) est le plus important des techniques d’écriture. Les principes 1 et 2 vont ensemble et sont des outils importants pour écrire dans un style proche de la conversation. Les exemples personnels vont main dans la main avec l’utilisation du pronom personnel « je ». N’ayez pas peur d’utiliser ce pronom. Il force l’auteur à rendre le sujet à la fois personnel et spécifique. Les lecteurs apprécient souvent de connaitre comment une situation est vue par un auteur, suivant son expérience personnelle.

L’emploi du pronom personnel « je » est banni dans les productions formelles et académiques.

En clair, personnaliser l’écriture est une option pour soutenir ce qu’on affirme, en plus des exemples et des statistiques.

On peut aussi utiliser des anecdotes : ce sont des petites histoires utilisées pour embellir un point.

On peut aussi utiliser les citations : inclure les citations, particulièrement celles attribuées à des personnes exceptionnelles ou célèbres ou très connues, peut être un outil de persuasion. Les citations, quand elles sont bien choisies, vous font apparaître comme très intelligent. Il n’est pas toujours facile de se rappeler d’une citation appliquée au sujet que vous abordez mais on peut faire une petite recherche en passant par un moteur de recherche, ou des livres de citations.

On peut aussi utiliser les analogies : les analogies dessinent des similarités entre deux choses dissemblables et aide le lecteur, à partir de cette mise en relation, à mieux voir ou comprendre le sujet abordé.

On peut aussi utiliser des similitudes et des métaphores : la similitude est généralement introduite par « comme » et permet de comparer deux choses différentes, ou contraires. Les similitudes sont relativement faciles à utiliser et peuvent être des outils puissants pour présenter vos idées. La métaphore consiste à indiquer une chose par une autre expression. Les similitudes et les métaphores sont des comparaisons au sens figuré, pas des comparaisons actuelles ou réelles comme on peut dire que Jean est plus grand en taille que Paul.

3ÈME PRINCIPE – RESTEZ SIMPLE – UTILISER DES MOTS/EXPRESSIONS SIMPLES POUR EXPRIMER VOS IDÉES.

La méthode la plus fondamentale pour simplifier l’écriture est d’utiliser des expressions simples. N’utilisez pas de gros mots ou des expressions compliquées pour impressionner vos lecteurs, vous risquez de manquer de sens. Faire attention aux mots (verbes, noms et adjectifs) qui ont des sens plus étendus.

4ÈME PRINCIPE – RÉDUIRE LES LONGUES PHRASES – RENDRE VOTRE ÉCRITURE PLUS CLAIR EN DIVISANT LES LONGUES PHRASES

Un des moyens pour rendre votre écriture claire est de limiter l’emploi de longues phrases. Le moyen le plus simple est de diviser une phrase longue en deux ou trois phrases plus courtes. La pratique d’utiliser les courtes phrases ne signifie pas que toutes les phrases doivent être courtes. Les courtes phrases ajoutent une dynamique dans votre texte et sollicite l’attention du lecteur.

5ÈME PRINCIPE – ELIMINER LES MOTS/EXPRESSIONS INUTILES – SUPPRIMER LES REDONDANCES ET LES QUALIFICATIONS EXCESSIVES.

Il faut être bref quand il le faut. La redondance intervient lorsqu’un auteur répète un mot/phrase ou une idée. C’est redondant de dire « qu’un débutant manque d’expérience »… le mot débutant à lui seul implique le manque d’expérience. Les mots redondants peuvent être supprimés sans changer le sens de la phrase. Les qualifications excessives sont aussi bannies. Par exemple, on n’a pas besoin de qualifier des mots absolus comme excellent, unique, favori….

6ÈME PRINCIPE – GAGNER DE LA PUISSANCE ACTIVE – FAVORISER LES EXPRESSIONS/PHRASES ACTIVES, NON LES PASSIVES.

En général, la voix active est préférée à la voix passive parce que la voix active est plus orientée « action ». La voix active est plus directe et moins verbeuse. Cela ne veut pas dire qu’on doit évacuer totalement l’emploi de la voix passive. La voix passive est appropriée lorsque celui qui exécute l’action n’est pas connu, ou sa connaissance n’est pas important. La voix passive est encore préférée quand le récepteur de l’action est plus important que l’exécutant.

7ÈME PRINCIPE – FAVORISER LES VERBES, PAS LES NOMS – EVITER DE NOMINALISER VOS VERBES ET ADJECTIFS.

La nominalisation est le processus par lequel les verbes et les adjectifs sont transformés en noms. Les nominalisations affaiblissent l’écriture pour plusieurs raisons, principalement parce qu’elles rendent les phrases légères et longues.

8ÈME PRINCIPE – TOUJOURS UTILISER DES FORMES PARALLÈLES – EXPRIMER UNE SÉRIE D’ITEMS/POINTS DANS UNE FORME COHÉRENTE ET PARALLÈLE.

Le parallélisme dans l’écriture veut dire que nous devons exprimer de manière cohérente les parties similaires d’une phrase. Le parallélisme consolide la clarté et la puissance. Le parallélisme est semblable aux rimes dans la poésie.

9ÈME PRINCIPE – CAPITALISER SUR UNE VARIÉTÉ DE PHRASES – VARIER L’ÉTENDUE ET LES DÉBUTS DE VOS PHRASES.

Le modèle classique de la phrase est « sujet-verbe-complément ». La plupart des phrases doivent suivre ce modèle car c’est plus puissant ainsi. Néanmoins, si toutes les phrases suivent ce modèle, cela peut créer de la rigidité et de la monotonie dans votre écriture. C’est pour cela que, pour varier, il faut commencer les phrases de plusieurs manières :

  • Avec un sujet : les consommateurs peuvent nous dire pourquoi nous vendons nos produits si nous prenons le temps de les écouter.
  • Avec une « phrase sans verbe » : pour cette raison, aucun produit n’est développé si on n’a pas l’assurance que le marché existe.
  • Avec un verbe,
  • Avec un adverbe,
  • Avec un adjectif,
  • Avec un infinitif,
  • Avec une conjonction…
10ÈME PRINCIPE – CHOISIR LE TON APPROPRIÉ – ECRIRE AVEC UN TON POSITIF, PERSONNEL.

Le ton est quelque chose de difficile à décrire. Certains le définissent comme l’attitude de l’auteur. Le ton apparaît avec 2 dimensions majeures : positive ou négative et formelle ou informelle. Aujourd’hui, le ton positif et personnel est le plus employé. Un des moyens pour contrôler le ton de l’écriture est l’emploi des mots positifs ou négatifs. Utiliser les mots positifs autant que possible. Les lecteurs n’aiment pas instinctivement qu’on leur dise ce qui n’est pas vrai contrairement à ce qui est vrai. Ainsi, les formes négatives peuvent être transformées en expressions positives.

Exemple :

Ton négatif : le magasin sera fermé à 19h. « Fermé » est un nom négatif.

Ton positif : le magasin va rester ouvert jusqu’à 19h. « Ouvert » est un nom positif.

L’écriture peut aussi avoir des tons formels et informels. Deux des grands facteurs dans la formalité sont l’emploi des contractions et des pronoms personnels.

Utiliser les pronoms personnels pour rendre votre écriture plus familière/informelle et personnelle. Plusieurs écrits se font sur un ton informel car il permet de réduire la distance entre l’auteur et le lecteur.

Voilà ainsi présentés les dix (10) principes qui forment le premier pilier de l’écriture selon Brandon Royal. Nous allons aborder pour la suite les principes qui fondent la lisibilité, troisième pilier de l’écriture.

LISIBILITE

la lisibilité qui a trait à la présentation, ou comment on fait un document visuellement plaisant et facile à lire.

Brandon Royal définit cinq (05) principes pour la lisibilité :

1ER PRINCIPE – CAPITALISER SUR LA MISE EN PAGE ET LE DESIGN – AJOUTER PLUS D’ESPACE DANS VOTRE ÉCRITURE POUR AUGMENTER LE LISIBILITÉ

Le meilleur moyen de rendre votre écriture plus lisible est d’augmenter les marges du document. Aussi, il faut s’assurer qu’une ligne blanche sépare chacun de vos paragraphes, ce qui laisse votre composition respirer. Ainsi, il faut éviter de rédiger un bloc de texte sans laisser d’espaces… Il faut insuffler, donner du rythme à votre texte avec des espaces.

2ÈME PRINCIPE – EMPLOYER LES OUTILS DE LISIBILITÉ – FAIRE RESSORTIR LES MOTS-CLÉS ET LES PHRASES.

On peut mieux illustrer les mots-clés et les phrases par :

  • La police des textes en gras, italique ou souligné, majuscule, …etc.
  • Les puces,
  • Les numérotations,
  • Les effets de texte : ombre, lumière, réflexion, couleur.
3ÈME PRINCIPE – CONSIDÉRER L’UTILISATION DU TITRE ET SOMMAIRE – UTILISER LES TITRES ET SOMMAIRES POUR DIVISER ET RÉSUMER VOTRE ÉCRITURE.

Les titres permettent de diviser l’information en sections. Les sommaires permettent de résumer l’information qu’on doit présenter. Tous ces deux éléments permettent de diriger l’attention du lecteur.

4ÈME PRINCIPE – GARDER VOTRE ÉCRITURE NEUTRE PAR RAPPORT AU GENRE – EVITER D’UTILISER LE GÉNÉRIQUE MASCULIN POUR RÉFÉRER AUX 2 SEXES.

Faire attention à l’emploi des pronoms quand vous faites face aux situations qui concernent les deux genres.

5ÈME PRINCIPE – RÉVISER VOTRE ÉCRITURE DEPUIS LE DÉBUT – ATTENDRE UN PEU AVANT DE VALIDER VOTRE ÉCRITURE COMME TERMINÉE.

Il est rare de trouver les écrivains qui s’asseyent et se lèvent avec une version parfaite sans corrections. Prenez la peine de lire et relire votre travail, avec des espacements de plusieurs jours.

Il est clair qu’au-delà des principes relevés par Brandon Royal, on trouve bien plusieurs astuces de “lisibilité” ou “présentation” ou “mise en page”.  Je considère qu’un site comme Practical Typography de Matthew Butterick est plus complet et plus professionnel quant à tout ce qui touche de près ou de loin la mise en page ou la présentation d’un texte.

LA GRAMMAIRE

Pour vous dire vrai, il est impossible de transposer cette partie de l’ouvrage. Impossible dans la mesure où la grammaire, contrairement aux trois autres piliers, est attachée à la langue. La grammaire anglaise n’est pas la grammaire française, ni la grammaire allemande ou autre. Vous ne pouvez pas importer les règles de grammaire d’une langue vers une autre. C’est la raison pour laquelle l’ouvrage de Brandon Royal n’avait point d’utilité pour cette partie, car c’est la grammaire anglaise qui y est exposée. Certains lecteurs pourront y trouver des similitudes comme moi j’en ai trouvé mais la similitude n’implique pas l’égalité, que ce soit dans le temps, l’espace ou le contexte. Mieux vaut laisser cette tâche aux experts…

Néanmoins, l’auteur fait bien de rappeler que contrairement aux autres piliers, la grammaire est le seul pilier où on peut juger votre écriture correcte ou incorrecte. En clair, c’est le seul pilier où on peut appliquer la séparation “vrai” et “faux”. Il n y a pas de demi-mesure comme les autres piliers. Par exemple, pour la lisibilité, vous pouvez oublier un espace entre deux paragraphes de votre texte. Dans ce cas, votre texte est acceptable. On dira juste que la présentation n’est pas meilleure. Que vous auriez pu faire mieux pour les lecteurs. Par contre, si vous oubliez d’accorder un verbe, si vous employez un temps qui ne convient pas à une phrase, il n’y a pas de demi-mesure : la phrase n’est pas correcte. Votre texte avec de pareilles coquilles peut même dérouter vos lecteurs du sens du texte que vous voulez partager.

La grammaire permet de présenter son texte dans une forme correcte et acceptable. Correcte par rapport aux règles qui régissent l’usage de la langue. Acceptable tout simplement parce que ces règles sont partagées et connues par vos lecteurs. Un texte avec plein de fautes et le lecteur vous fuit comme la peste, même si vos idées sont justes. D’ailleurs, si votre texte présente tellement de coquilles, il ne prendra même pas la peine d’aller au bout de votre texte.

Vous pouvez mal structurer votre texte, avoir un style léger ou une présentation médiocre, plusieurs lecteurs iront jusqu’au bout de votre texte. Mais si votre texte est plein de fautes de grammaire, soyez sûr que vous en trouverez très peu qui iront jusqu’au bout. On questionnera non seulement votre texte mais aussi votre personne. Et vous pouvez vous trouver totalement discrédité. C’est pour cela que la grammaire est quelque chose de très important. Et surtout, la phase de révision d’un texte vise à éliminer toutes les coquilles qui peuvent heurter les lecteurs. Et cette révision, à défaut d’être menée par un professionnel faute de moyens, peut se faire de manière collégiale. Comme je le dis souvent, à défaut d’expertise, on peut compenser avec le nombre.

Dans un précédent billet, j’avais précisé que l’écriture n’avait que les mots pour transmettre l’intention ou le message de celui qui veut communiquer, tandis qu’on pouvait atteindre le même but dans une conversation avec les mots, la voix, les gestes, les expressions faciales, les signes,…etc. Ce qui a fait à dire à Peter Elbow que le langage parlé avait plus de canaux sémiotiques que l’écriture, que la conversation avait plus de canaux pour transmettre une intention, un message que l’écriture.

Cela ne veut pas dire que l’un est supérieur à l’autre mais que l’écriture, bien que disposant de moins de canaux, emploie des moyens subtils pour atteindre le même but qu’une conversation. La principale ressource de celui qui écrit est le choix des mots. Et la combinaison de ces mots obéit à des règles : c’est là où la grammaire règne.

Il faut dire que durant tout notre cycle d’études, nous abordons légèrement ou en profondeur tous les sujets qui touchent à  la grammaire. Pour ceux qui ont oublié quelques notions, je vous conseille d’avoir à votre chevet toute la collection “Bescherelle” de la langue française des éditions Hatier. C’est important quand on écrit d’avoir près de soi des références.

La grammaire d’une langue comme le français est très vaste. Si les choses étaient aussi facile, on n’aurait plus besoin d’éditeurs et leur armée de correcteurs. C’est vrai qu’on observe de plus en plus l’apparition de logiciels de correction orthographique et grammaticale comme CORDIAL ou encore ANTIDOTE. CORDIAL propose même un service gratuit bien que limité en ligne où vous pouvez tester l’efficacité du logiciel pour les corrections. Comme services gratuits, nous avons aussi Scribens ou encore Reverso en ligne, bien que ce dernier s’appuie sur CORDIAL.

Les logiciels et services gratuits en ligne ne peuvent pas corriger toutes les erreurs car la langue n’obéit pas toujours à des règles logiques. Nous avons toujours des expressions qui découlent de contextes historiques, culturelles ou géographiques. Néanmoins, ces solutions peuvent vous aider à détecter des fautes qui ont échappé à votre vigilance à cause de la fatigue, de l’inattention et parfois de l’ignorance.

Ainsi, votre seule ressource pour transmettre votre message sera les mots, du moins la combinaison de plus de 100 000 mots (avec marge d’erreur car c’est un chiffre estimé) que compte la langue française… et les règles grammaticales qui vont avec.

A défaut de la grammaire anglaise présente dans le livre de Brandon Royal, si vous voulez vous rafraîchir les idées sur la grammaire française, consultez le guide de CORDIAL, “Grammaire française en ligne”. Vous aurez une mise au point sur les types de mots, les fonctions de mots, comment accorder ces mots, quel temps employer, la forme de la phrase…etc.  De même, le site de l’éditeur de Reverso présente aussi un guide sur la grammaire avec en plus un exposé sur la typographie. Muni de ces règles, vous pouvez convenablement réviser votre texte une fois l’écriture terminée.

Il faut rappeler que tous les logiciels de traitement de texte actuels, Microsoft Word ou LibreOffice, ont des correcteurs orthographiques et grammaticaux intégrés. Seulement, on vous laisse toujours la main en dernier ressort pour choisir.

Il y a d’autres points qui méritent de l’attention comme la ponctuation mais je vous conseille en dernier ressort de vous procurer le livre Bescherelle “La grammaire pour tous: Ouvrage de référence sur la grammaire française”.

Nous avons ainsi parcouru les 20 principes extraits du livre “The Little Red Writing Book: 20 Powerful Principles of Structure, Style, & Readability” de Brandon Royal. S’il y a une chose que j’aimerai ajouter, c’est de vous dire que personne ne suit ces principes à la lettre. Absolument personne. On y pense néanmoins et à travers cela, on évite le pire. Mieux vaut naviguer avec une boussole que de le faire à vue. Avec la boussole, on n’est  pas sûr d’arriver à bon port. Un iceberg ou une panne peut couler le navire. Sans boussole, vous n’aurez pas le privilège de vous expliquer avec un iceberg ou une panne et même si vous y arrivez, ce ne sera sûrement pas à bon port.


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