Comment APPLE gagne son argent

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L’ambition de ce blog est de donner une représentation de la façon dont les entreprises gagnent de l’argent, en s’appuyant sur le business model canvas du livre “Business Model Generation : A Handbook for Visionaries, Game Changers, and Challengers”.  Cet exercice a déjà été fait pour Google et Facebook. Aujourd’hui, nous allons le faire pour Apple.

Cette représentation se faisant en neuf (09) blocs, je ne vais plus détailler le contenu théorique de ces blocs comme cela a été fait pour Google et Facebook. Je vais passer directement à l’application et pour ceux qui veulent se faire une idée des neuf (09) du business model canvas, vous pouvez cliquer ICI.

On ne présente plus Apple dont les sorties de produit n’ont rien à envie aux lancements de films hollywoodiens avec stars, foules en liesse, médias mobilisés. Cela n’a rien du hasard, tant Apple a établi sa marque avec la qualité, l’originalité de ses produits et surtout la personnalité de l’un de ses fondateurs, Steve Jobs. Inutile que je produise du verbiage sur ce que tout le monde sait déjà. Tant de livres, d’articles, de journaux ont été consacrés à Apple. Une petite recherche sur le web et vous serez submergé de tout type d’information par rapport à votre besoin.

image On voit bien le cycle du verbiage lié à APPLE. Le décollage de la courbe entre 2003 et 2004 marque le lancement à succès de sa gamme de produits électroniques.

Ce billet vise donc à vous donner une représentation sur la façon dont Apple gagne son argent, et non l’histoire d’Apple et autres anecdotes. Tout au plus, j’ajouterais que depuis sa création en 1976 par Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne avec un circuit imprimé comme premier produit, Apple a fait du chemin, du premier Macintosh lancé en 1984 au iPhone SE lancé en Mars 2016. Ce qui est intéressant à noter pour ce billet, c’est qu’Apple est passé d’un revenu annuel de 8 milliards US dollars en 2004 à 180 milliards de revenu annuel en 2014! En 10 ans, elle a multiplié son revenu par 22! C’est inédit.

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Parti de commercialisation d’ordinateurs de bureau, elle a évolué vers les produits électroniques grand public.  A la différence des deux cas que nous avions présenté récemment, à savoir Google et Facebook qui tire plus de 90% de leurs revenus uniquement de la publicité, Apple a des revenus diversifiés sur plusieurs produits et services.

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Avant 2001, Apple se contentait de produire le fameux MAC, un produit intégré puisque tout Mac était conçu, développé et produit par Apple, du hardware au software, logiciels d’exploitation et applications inclus, ainsi que les périphériques et accessoires. Et cela n’a pas changé aujourd’hui puisque tous les produits d’Apple ont gardé cette approche : ce sont des produits parfaitement intégrés. Dès que vous ouvrez un Mac, tout le nécessaire est inclus.

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Seulement, comme nous le voyons dans la répartition du chiffre d’affaires d’APPLE en 2015, plus de 66% de ses revenus en 2015 proviennent d’un seul produit : l’iPhone. En fait, la croissance exponentielle des revenus d’APPLE, passés de 8 milliards en 2004 à 188 milliards en 2014, a été soutenue par l’iPhone depuis son lancement en Juin 2007.

image Source : http://revenuesandprofits.com/apple-revenues-and-profits-2000-to-2015-pre-and-post-iphone/

Même les bénéfices mirobolants d’APPLE sont soutenus par l’iPhone.

image Source : http://revenuesandprofits.com/apple-revenues-and-profits-2000-to-2015-pre-and-post-iphone/

Et la croissance des revenus d’iPhone est continue

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De même que sa contribution au chiffre d’affaires

image  Source : http://revenuesandprofits.com/apple-revenues-and-profits-2000-to-2015-pre-and-post-iphone/

Dans ces conditions, on comprend donc qu’un seul produit peut changer la trajectoire d’une entreprise.

Néanmoins, si on se limite à ne voir en l’iPhone qu’un Smartphone comme les autres, on a tout faux. En effet, APPLE a une stratégie d’intégration propre à elle développée depuis l’époque des Macintosh, stratégie qui fonde son identité. Tout produit qu’elle développe est équipé d’un système d’exploitation propriétaire. Pour les ordinateurs MAC, on a l’OS X; pour les Smartphones et Tablettes, on a l’iOS; pour la montre connectée, on a WatchOS; pour l’APPLE TV, on a la tvOS.

Dit ainsi, vous ne pouvez pas saisir la profondeur de cette stratégie d’intégration d’APPLE. Je vais retourner un peu en arrière pour que vous saisissez mieux cette stratégie. Vous allez m’excuser pour cette digression. J’estime qu’elle est nécessaire pour la compréhension de ce billet.

Depuis le schéma fondateur de VON NEUMANN, dit architecture de VON NEUMANN, l’ordinateur dans ce modèle est composé de quatre (04) parties bien distinctes :

  • une unité de traitement,
  • une unité de contrôle,
  • une mémoire,
  • des dispositifs d’entrée-sortie.

image Source : Le modèle dʼarchitecture de von Neumann, Interstices, 2011.

Bien que ce modèle ai subi quelques évolutions, l’architecture est toujours pareille avec :

  • des canaux d’entrée-sortie, ce qu’on appelle couramment périphériques d’entrée et sortie : clavier, souris, scanner, webcam, écran, imprimante, …etc.
  • une unité centrale qui contient les processeurs pour leur puissance de traitement,
  • et les mémoires pour le stockage d’information.

C’est ce qu’on regroupe sous le vocable “hardware”. A Cela, on y ajoute le système d’exploitation et les applications diverses qu’on regroupe sous le vocable “software”.

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Lorsque vous achetez votre ordinateur de marque DELL, ce n’est pas DELL qui conçoit le système d’exploitation, c’est Microsoft. Les applications qui équipent votre ordinateur, ce n’est pas DELL, c’est Microsoft, Adobe, Google, MathWorks, et d’autres éditeurs que vous voulez. Même pour le hardware, DELL fait de la sous-traitance et se contente d’assembler. Autre détail important pour la suite : vous n’avez pas besoin de demander l’avis de DELL ou de Microsoft (éditeur du système d’exploitation) pour télécharger et installer Adobe. Du moment qu’Adobe confirme la compatibilité, vous foncez.

APPLE est la seule entreprise qui couvre verticalement cette représentation, fournissant un ordinateur complet où le hardware et le software sont labellisés “APPLE”.

imageAPPLE vous remet un ordinateur où l’OS et les applications pour les tâches les plus courantes sont disponibles et conçues par elle.

Pour une autre vision de la chose, prenons le cas des ordinateurs, de bureau comme portables.

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APPLE est la seule entreprise à intervenir directement sur toute la chaine de production d’un ordinateur. C’est clair qu’il faut donner un sens à “intervenir”dans la mesure où tous les constructeurs interviennent, en donneurs d’ordre. Seulement, Apple ne présente pas le même cahier de charges : il y a toujours une différence entre un intégrateur et un assembleur…l’intégrateur recherche en priorité  la cohérence technique de son système et ses sous-systèmes, l’assembleur recherche prioritairement  la cohérence commerciale de son système. C’est pour cela que vous allez retrouver des ordinateurs APPLE à 2 500 euros, 4 000 euros et bien plus. DELL ou HP lorgne sur leurs marchés cibles avant de s’aventurer…APPLE commence par le produit.

Allons vers le secteur des Smartphones et des tablettes

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APPLE est encore la seule entreprise à intervenir directement sur toute la chaine de production, que ce soit en tablette ou en Smartphone.

Lorsqu’il a fallu lancer sa montre connectée, la Watch, elle l’a équipé de son système d’exploitation, WatchOS. Pour chaque produit développé, APPLE déploie sa stratégie d’intégration avec contrôle du hardware et du software héritée de son produit d’origine, le MAC.

Evidemment, dans ses différents rapports annuels, APPLE indique que ce modèle d’intégration verticale, l’un des piliers de sa stratégie,  permet d’offrir une meilleure expérience utilisateur, ce qui lui confère un avantage comparatif sur ses concurrents.

Un autre pilier de la stratégie d’Apple est de créer des plateformes d’accès et de distribution des contenus et applications sur l’ensemble de ses appareils…En parlant de contenus, le lancement d’APPLE MUSIC, plateforme de musique à la demande accessible par abonnement participe de cette nouvelle stratégie, en décalage de l’iTunes qui était plutôt un service d’organisation et de consommation de contenus acquis ou téléchargés.

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Je pense que cette plateforme sera le tremplin vers l’offre de plateformes de plus en plus intégrées pour la distribution de contenus. Pour faire simple, lorsque vous disposez de votre Smartphone ou ordinateur portable, vous avez des applications pour différentes tâches : créer des documents, prendre des photos, communiquer avec vos proches et autres. Après, vous pouvez écouter de la musique, jouer des jeux, lire des livres, visionnez des séries et/ou des films, …etc. La stratégie APPLE d’intégrer ces contenus dans ses plateformes continuera.

Le dernier pilier de la stratégie d’APPLE est d’étendre son réseau de magasins, les “Apple Store”.

statistic_id273480_number-of-apple-stores-worldwide-2005-2015 Source : Statista

Malgré les prévisions de vente pour 2016 annoncées moins bonnes, l’iPhone permet à APPLE d’élargir son réseau, ce qui sera une base non seulement pour proposer et distribuer les applications et d’autres contenus comme les livres, les jeux, la musique, les films et les séries TV. C’est pour soutenir cette approche qu’elle soutient l’extension de son réseau de magasins Apple Store afin d’atteindre plus de clients.

chartoftheday_4730_iphone_sales_since_2007_n Nombre d’iPhone vendus depuis le lancement en 2007, prévisions pour 2016. Source : Statista.

Allons maintenant droit au but en présentant les neuf blocs du business model canvas.

1. LES CLIENTS

Pour APPLE, il y a quatre (4) segments de clients :

  • le marché de masse pour ses produits : ce marché de masse inclut toute personne physique (le grand public) de même que les PME, les entreprises, les gouvernement et surtout le secteur de l’éducation qui a une attention particulière de la part d’APPLE avec des programmes dédiés.
  • Les propriétaires de contenus qui complètent l’offre d’APPLE avec de la musique, des films, séries TV disponibles sur l’iTunes Store.
  • Les développeurs qui complètent l’offre d’APPLE avec les applications et jeux mis en ligne sur l’App Store et l’Apple TV App Store.
  • Les maisons d’édition et les éditeurs indépendants qui complètent l’offre d’APPLE avec des livres mis en ligne sur l’iBooks Store.

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Abordons à la suite l’offre d’APPLE pour ces différents segments.

2. L’OFFRE

APPLE est bien placée pour illustrer la force de ce qu’on appelle “marque”. Dès que vous voyez la pomme accolée sur un Smartphone ou une tablette, vous marquez un temps d’arrêt, que vous vouliez ou non . Pour y arriver, APPLE a construit et perfectionné avec le temps ses différents produits et applications, afin d’en faire une offre intégrée. Et le schéma suivant est là pour le montrer…

APPLE2Illustration dérivée du billet “ How Apple Makes Money? Understanding Apple Business Strategy”, Revenues & Profits, 2016.

Au grand public, APPLE offre des produits avec OS et applications intégrées. Elle offre aussi des services Internet où ce public peut se procurer des livres ( par iBooks Store), de la musique, des films et des séries TV (par iTunes Store), des applications (par l’App Store) et bien d’autres services.

Aux développeurs, elle offre des outils de développement pour leurs applications, Xcode  et Swift. Ainsi qu’Apple Pay qu’ils peuvent intégrer à leurs applications pour les fonction de paiement. Pour la distribution, ils peuvent compter sur l’App Store, le Mac App Store et l’Apple TV App Store.

Aux propriétaires de contenus, l’iTunes Store est là pour la distribution des contenus.

Aux maisons d’édition et aux éditeurs indépendants, APPLE leur offre iBooks Author pour la création et iBooks Store pour la distribution de leurs livres.

Passons au 3ème bloc du business model canvas : les canaux.

3. LES CANAUX

Quand on parle de canaux, il s’agit de décrire comment une entreprise communique avec les segments de clients et atteint ceux-ci pour délivrer son offre ou proposition de valeur.

Les canaux servent plusieurs fonctions :

  • Sensibiliser les clients sur les produits et services de l’entreprise,
  • Aider les clients à évaluer la proposition de valeur de l’entreprise,
  • Permettre aux clients d’acheter les produits et services,
  • Délivrer la proposition de valeur (ou offre) aux clients,
  • Fournir un support après-vente aux clients.

il y a deux types de canaux :

  • Les canaux directs : c’est notre force de vente, notre site web, ou notre propre boutique.
  • Les canaux indirects : c’est la distribution de nos produits par des partenaires. Il concerne les ventes dans les boutiques ou sites web des partenaires et l’appui d’un grossiste ou d’un marchand en gros.

En 2015, 26 % du chiffre d’affaires d’APPLE proviennent des canaux directs et 74% de canaux indirects.

On peut voir dans le schéma suivant les canaux directs d’APPLE : iTunes Store, iBooks Store, Apple TV App Store, App Store, Mac App Store. A tout ce qui est présent sur ce schéma, il faut ajouter la force de vente d’Apple, le personnel.

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  Pour les canaux indirects, nous avons :

  • Les grossistes,
  • Les magasins de détail,
  • Les opérateurs de téléphonie mobile,
  • et les revendeurs à valeur ajoutée.

Inutile de détailler chaque point puisque chacun vit la sortie d’un iPhone. Vous pouvez l’acquérir par exemple sur le site d’Apple ou dans un magasin Apple, et dans ce cas, c’est un canal direct. Si vous l’acquérez par votre opérateur de téléphonie mobile, c’est un canal indirect. Par Amazon ou autre site de commerce en ligne, c’est un canal indirect.

4. LA RELATION CLIENT

Nous avions dit que l’entreprise a des clients avec qui elle entre en relation par l’offre qu’elle propose : il faut définir le type de relation que l’on souhaite établir avec les clients et en assurer la gestion.

APPLE a tout un centre d’assistance pour ses clients. C’est du self-service, le type de relation où l’entreprise n’engage pas une relation directe avec ses clients mais met à leur disposition tous les moyens nécessaires pour qu’ils puissent bénéficier de l’offre.

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L’organisation de cette page d’assistance par produit facilite la navigation des clients.

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Et à l’intérieur de chaque produit, vous avez un menu plus détaillé. Et là, à côté du self-service, APPLE vous propose une assistance personnelle qui implique une interaction humaine. Ici, le client discute ou échange avec un représentant de l’entreprise, que ce soit sur le point de vente, par les centres d’appels, par messagerie électronique ou autres moyens.

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Il faut aussi ajouter qu’à côté de cette assistance personnelle (gratuite), il y a une assistance personnelle dédiée pour les utilisateurs ayant souscrit au service AppleCare+.

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APPLE utilise aussi sur les communautés, le type de relation où l’entreprise s’appuie sur les communautés d’utilisateurs.

Pour les développeurs, elle utilise les mêmes canaux : documentations (self-service), contact (assistance personnelle), adhésion ou “membership” (assistance personnelle dédiée), forums (communautés).

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Pour les propriétaires de contenus et les maisons d’édition, la documentation existe pour leur accompagner dans l’ouverture de leur compte et la proposition de leurs contenus.

5. LES REVENUS

Nous avons déjà abordé la question des revenus en introduction. Nous savons déjà que l’iPhone est le moteur de la croissance des revenus d’APPLE.

chartoftheday_4574_apple_s_revenue_since_1977_n Source : Statista

Seulement, cette présentation ne faisait apparaitre le revenu généré par APPLE que sur un seul segment de client : le grand public. Pourtant nous avons dit qu’APPLE avait trois (03) autres segments : les développeurs, les propriétaires de contenus, les maisons d’édition. Sur ces autres segments, elle gagne de l’argent. Reprenons la répartition du chiffre d’affaires d’APPLE en 2015 :

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Donc APPLE a trois sources de revenus :

  • La vente de produits : iPhone, iPad, Mac et autres produits (comme les accessoires).
  • Les frais de souscription aux services comme l’iCloud, l’Apple Music ou l’AppleCare+,…etc.
  • Les redevances générées par les commissions appliquées sur les ventes d’applications, de musiques, films, séries TV, jeux, livres et autres distribués sur l’iTunes Store, App Store, Mac App Store, iBooks Store, and Apple TV App Store. C’est à ce niveau qu’APPLE gagne de l’argent sur les développeurs, les producteurs de contenus et les maisons d’édition par les commissions appliquées.

Il est aisé de constaté que les services, qui regroupent les revenus générés par APPLE de sa relation avec les autres segments de client que sont les développeurs, les propriétaires de contenus, les maisons d’édition, ne représentent que 9% de ses revenus. C’est normal puisqu’elle n’officie à ce niveau qu’en tant qu’intermédiaire. Elle reverse la grande partie du montant de la transaction aux développeurs, aux propriétaires de contenus et aux maisons d’édition. Elle ne garde qu’une petite fraction de ce montant. Donc c’est le grand public qui est sa principale source de revenus mais elle a besoin des autres pour rendre sa plateforme plus attrayante, plus utile et plus intégrée.

Les bénéfices d’APPLE sont en nette croissance, et tant que l’iPhone se portera bien sur le marché, cette croissance sera soutenue.

statistic_id267728_apples-net-income-2005-2015 Source : Statista

Pour soutenir cette opération de génération de revenus, il faut des ressources.

6. LES RESSOURCES CLES

Les ressources clés peuvent être physiques, financières, intellectuelles ou humaines. Les ressources clés peuvent être achetées ou louées par l’entreprise, ou encore acquises par les partenaires clés de l’entreprise. Les ressources d’APPLE peuvent se résumer par ce graphique :

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Toutes ces informations sont disponibles dans son dernier rapport annuel. Passons maintenant aux activités clés d’APPLE.

7. LES ACTIVITES CLES

On peut approcher les activités clés d’APPLE par la répartition des charges d’exploitation qui contient deux postes :

  • La Recherche et Développement (R&D) : En progression de 34% en 2015 par rapport à l’année précédente, elle s’établit à plus de 8 milliards USD, représentant environ 3% du chiffre d’affaires.

imageSource : Statista 

  • La Vente et les Charges générales & administratives : ce poste représente 6% du chiffre d’affaires d’APPLE à 14,32 milliards USD, en progression de 19% par rapport à l’année précédente.

Néanmoins, limiter la portée des activités clés au compte de résultat d’APPLE est réducteur, dans la mesure où un certain nombre d’éléments au regard des produits sont des activités clés. Ce sont :

  • Le Design : Nul doute que chaque sortie de produit APPLE est imprégnée du même design soigné qui fonde l’identité de la marque.
  • Le Contrôle Qualité : L’écosystème d’APPLE est fortement propriétaire.  Chaque produit ou service tiers proposé est strictement contrôlé par APPLE avant toute disponibilité.
  • Le Développement Logiciel : Normal puisque elle ne se contente pas seulement de vendre des produits. Ces produits sont équipés de logiciels APPLE comme nous l’avons vu plus haut, de l’OS aux applications.
  • La Production : Critique dans la mesure où APPLE travaille pour plusieurs des composants de ses produits avec des sous-traitants majoritairement basés en Asie. Entre la production des composants, leur assemblage, et le transport maritime, il faut une bonne coordination pour éviter des surprises lors du lancement des produits.

Pour finir cette partie, avec plus de 181 milliards USD de liquidités situées dans les places Offshore selon un article de Bloomberg datant de Juillet 2015, APPLE doit avoir une solide unité de “Cash & Tax Management” pour gérer toutes ces liquidités et arbitrer les différentes places pour minimiser les impôts et taxes. Passons maintenant aux partenaires clés.

8. LES PARTENAIRES CLES

Les entreprises forgent des partenariats pour plusieurs raisons :

  • Optimisation et économies d’échelle,
  • Réduction des risques et de l’incertitude,
  • Acquisition de ressources et d’activités particulières.

Pour l’acquisition de ressources ou d’activités particulières, il va de soit que nous avons déjà vu plus haut que APPLE propose de la musique sur iTunes alors qu’elle n’est pas une maison de production. APPLE propose des séries Télé alors qu’elle n’est pas un studio. De même, APPLE propose des livres alors qu’elle ne fait pas office de maisons d’édition. Conséquemment, APPLE a des partenariats avec les producteurs de contenus et les maisons d’édition. Comme producteurs de contenus, il faut compter sur l’industrie de la musique, de la télévision et des films. Pour les éditeurs de livres, cela va de soi.

Un partenaire vous apporte toujours quelque chose que vous n’avez pas ou que vous ne pouvez pas avoir. Et même si vous pouvez l’avoir, cela vous demandera un coût bien supérieur à l’option du partenaire. Ce coût n’est pas nécessairement financier. On peut acquérir un produit ou un service chez un partenaire alors qu’on est en capacité de le produire en interne à moindre coût tout simplement parce que la réglementation ne le permet pas, par exemple l’abus de position dominante.

Les développeurs aussi sont des partenaires car ils apportent des ressources à APPLE. Ils complètent l’offre d’APPLE par les applications disponibles à l’APP STORE. APPLE a même mise en place un programme spécifique pour accompagner les développeurs, le “Apple Developer Program”.

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L’accès à ce programme met à disposition du développeur tous les logiciels, outils et services pour concevoir, coder, tester et distribuer votre application. D’autres variantes de ce programme sont proposées à des cibles bien précises comme les entreprises avec le “ Apple Developer Enterprise Program” et les établissements d’enseignement supérieurs avec le “iOS Developer University Program”.

Autres partenaires importants, les sous-traitants. Ils sont en première ligne pour la fabrication de tous les composants qui équipent les produits APPLE. La plupart des composants des principaux produits d’APPLE sont produits en ASIE. FOXCONN est certainement le sous-traitant le plus connu mais il y en a d’autres…

imageDifférents sous-traitants des composantes de l’iPhone 6S. Source : Teardown.com

Pour distribuer ses produits, APPLE s’appuie sur un certain nombre de partenaires comme les revendeurs, les centres de services, les centres de formation et un réseau de consultants.

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On constate donc à la présentation de ces partenaires que le partenariat recoupe toute l’offre d’APPLE que ce soit au niveau de :

  • la production du “Hardware & accessoires” (iPhone, iPad, Mac, iPod, Apple Watch) avec les sous-traitants,
  • la production des applications avec les développeurs,
  • la fourniture des services (APPLE Music, iTunes, iBooks) avec  producteurs de contenus et les maisons d’édition.
  • Et la distribution de ces produits et services avec des revendeurs agréés, des centres de services agréés, des centres de formation agréés et un réseau de consultants.

Il ne faut pas oublier un point important : les partenaires logistiques pour que les composantes soient disponibles au bon endroit au bon moment lors de la production et que les produits aussi soient disponibles au bon endroit au bon moment lors de la distribution.

9. LA STRUCTURE DES COUTS

La structure des coûts porte sur la description de tous les coûts engagés pour exploiter un business model. Créer et délivrer de la valeur, accéder aux marchés, maintenir les relations avec les clients, et générer des revenus : tout cela engendre des coûts. Ces coûts sont assez faciles à calculer après avoir défini les ressources clés, les activités clés et les partenaires clés.

Pour APPLE, on a une première idée avec son produit phare, l’iPhone, par le graphique suivant  :

chartoftheday_4622_iphone_costs_and_retail_prices_n Source : Statista

Pour avoir les détails, prenons aussi l’exemple de l’iPhone 6S…

image Source : Teardown.com

 

 

Les coûts sont variés suivant les produits et les composantes qui interviennent dans leur fabrication.

Source :What Makes the Apple Watch Tick”, Wall Street Journal.

Ce qu’il faut retenir de la structure des coûts est :

  • Chaque produit a un BOM (Bill of Materials) qui liste toutes les matières premières, les composantes, les pièces et les quantités associées nécessaires à la fabrication du produit. En fonction de cela, on a un premier élément sur le coût de production.
  • Pour assembler ces composantes et pièces, il faut bien que cela soit regroupé dans un ou plusieurs lieux d’assemblage. Enfin, une fois terminé, il faudra les distribuer dans les points de vente. Donc on a à la suite des coûts de transport et de distribution.
  • Enfin, il y a d’autres coûts engagés pour soutenir le lancement du produit et la vente comme la publicité, le service après-vente, la garantie. On ne compte pas les coûts internes à APPLE comme les coûts administratifs (salaires, opérations et autres), les coûts liés aux centres de données, à la R&D (Recherche & Développement) et autres charges générales.

APPLE a un avantage particulier lié à la solide intégration de ses produits et un seul talon d’Achille : l’iPhone. Un lancement raté d’iPhone ferait fondre comme neige au soleil la capitalisation boursière d’APPLE. La sortie de l’iPhone SE à un prix abordable par rapport aux autres modèles vise à amortir le ralentissement de croissance des récentes sorties d’iPhone en élargissant, par ce prix abordable, la base d’utilisateurs d’iPhone. Peut-être cette stratégie de gain de temps ou de répit boursier s’accommode bien avec le temps nécessaire pour développer de nouvelles vaches à lait comme l’APPLE MUSIC ou l’APPLE TV  qui, si elles réussissaient, couvriraient effectivement les attentes des investisseurs malgré les résultats de l’iPhone.

Ainsi se termine mon parcours sur la représentation de la façon dont APPLE gagne de l’argent. Un peu simplificateur certes, mais j’ai fait de mon mieux au regard des ressources et du temps à ma disposition. Les commentaires sont ouverts pour vos apports.

Pour ceux qui veulent consulter mes sources principales :

Bien sûr, je ne peux pas oublier STATISTA qui me permet de bénéficier de graphes au design soigné qui agrémentent mes billets depuis le début de ce blog. L’aventure va continuer et je vais piquer un autre géant du web pour appliquer la même analyse faite ici. Pour le moment, je pense à AMAZON. Je vais m’arrêter ici en vous demandant simplement de vous abonner pour vous être informé à temps de nouvelles publications. Au prochain billet-vous.


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