Comment Facebook gagne son argent : Facebook vu par le business model canvas

 

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Nous poursuivons notre exploration du business model des entreprises, à savoir la représentation de la façon dont ces entreprises gagnent de l’argent. Nous avons débuté par Google et pour ce billet, c’est Facebook qui a été choisi.

Facebook est un réseau social qui comptait fin 2015 plus d’un milliard et demi d’utilisateurs actifs

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Il est clair que dans le secteur très concurrentiel de réseaux sociaux, Facebook domine sans partage

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Quand vous ajoutez à cela Instagram et WhatApps acquises par Facebook, vous comprenez que cette domination sans partage est appelée à durer, d’autant plus que les perspectives sont bonnes en terme de croissance d’utilisateurs de réseaux sociaux

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Et la marge de progression est assez grande compte tenu du taux de pénétration de réseaux sociaux inégalement répartie entre les pays

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A travers ce graphique, vous saisissez plus facilement la logique qui animait Facebook à travers son projet “Free Basics” qui ambitionnait de fournir l’accès de services “utiles” aux possesseurs de téléphonie mobile dans les marchés où Internet est moins abordable, avec pour cible principale l’Inde. L’Inde a près de 10% seulement de connectés sur une population de 1.25 milliards. Quand on pousse l’analyse vers les perspectives démographiques et de développement de ce pays, on ne voit pas ailleurs meilleur eldorado si le taux de pénétration du mobile s’agrandit.

Le décor ainsi planté, il faut savoir que Facebook a généré 17,928 milliards US dollars de revenus en 2015, avec un revenu net de 3,688 milliards US dollars. Alors, la question qu’un profane va poser est celle de savoir que vend (ou produit) exactement Facebook pour obtenir un tel revenu?

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Rassurez-vous, je vais essayer dans les prochaines lignes d’apporter une réponse, comme je l’ai fait la semaine passée avec Google et ses 74 milliards de revenus, en m’appuyant comme toujours sur le concept de business model tel que présenté dans le livre “Business Model Generation : A Handbook for Visionaries, Game Changers, and Challengers” d’Alexander Osterwalder et Yves Pigneur.

Facebook a le même modèle que Google : sur 17,928 milliards de US dollars de revenus en 2015, nous avons 17,079 milliards US dollars de revenus publicitaires, soit plus de 95% de ses revenus. Comme tous les fleurons du web, Facebook est pied et main liée à la publicité.

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Nous allons ainsi présenter les neuf (9) du business model de Facebook en partant d’une simple présentation théorique au début de chaque bloc suivie d’une application pour le cas de Facebook. Mais avant d’y arriver et pour vous permettre de mieux comprendre comment Facebook gagne de l’argent, nous allons nous arrêter sur une intuition  fondamentale qui empêche nombre de personnes de saisir l’essence d’un réseau social.

Cette intuition vient de Jyri Engestrom que j’ai découvert en parcourant l’excellent livre de Joshua Porter, Designing for the Social Web. Sur quoi cela porte t-il?

L’image qui nous vient instantanément à la tête lorsqu’on parle de réseau social est celle de personnes liées entre elles et en constante interaction et c’est cette image qu’on retrouve plus ou moins dans les définitions de réseau social.

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Pour Wikipédia,

“Un réseau social est un ensemble d’individus ou d’organisations reliés par des interactions sociales régulières.”

Et lorsque la notion d’interaction est avancée, on la réduit à une entrée en contact ou à d’échange d’informations. Pour Jyri Engestrom, l’image de connection entre personnes est réductrice, voire trompeuse.

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Pour Jyri Engestrom,

“(…) social networks consist of people who are connected by a shared object.”

Les réseaux sociaux sont constitués de personnes qui sont reliés entre eux par un objet partagé.

Pour en arriver là, il soutient sa conclusion par les arguments suivants :

  1. la théorie des réseaux sociaux est bonne pour représenter les liens entre les personnes : c’est l’approche la plus couramment utilisée dans la littérature. Seulement, elle n’explique pas ce qui connecte certaines personnes et pas d’autres.
  2. Les personnes ne sont pas seulement connectées entre elles : elles sont connectées à travers un objet partagé, un objet social.

La notion de sociabilité était limitée aux personnes mais approcher la sociabilité par les objets est plus adapté pour comprendre les réseaux sociaux qui florissent sur le web.

Comme toujours, un débat “académique” a été lancé pour que Jyri Engestrom s’explique ce qu’il entendait par “objet partagé” ou “objet social”. Une tâche bien difficile parce que vous pouvez avoir une intuition juste pour saisir un phénomène mais ne pas avoir le temps ou les moyens intellectuels pour jouer à ce petit jeu qu’affectionne bien certains cercles académiques. Je ne dis pas qu’une demande de clarification doit être exclue mais l’exigence doit être tempérée pour permettre la maturation de l’intuition qui est en soi une idée “vague”.

Hugh MacLeod s’est prêtée à cet exercice et pour lui,

“The Social Object, in a nutshell, is the reason two people are talking to each other, as opposed to talking to somebody else. Human beings are social animals. We like to socialize. But if think about it, there needs to be a reason for it to happen in the first place. That reason, that “node” in the social network, is what we call the Social Object.”

(Tr.) L’objet social, en résumé , est la raison pour laquelle deux personnes parlent  entre elles, par opposition à parler à quelqu’un d’autre. Les êtres humains sont des animaux sociaux. Nous aimons nous socialiser. Mais si nous y pensons, il doit  avoir une raison pour que cela se produise en premier lieu. Cette raison, ce «noeud» dans le réseau social, est ce que nous appelons l’objet social.

Par exemple, lorsque vous vous connectez à Facebook, les gens partagent des photos, des vidéos, des liens et autres. Tout cela, ce sont des objets sociaux et faire abstraction de cela, c’est ne pas comprendre l’évolution de Facebook qui n’a pas proposé à ses débuts le partage de vidéos par exemple, c’est refuser de comprendre pourquoi elle a pu débourser 19 milliards US dollars pour acquérir WhatApps, ou encore plus d’un milliard US dollars pour acquérir Instagram. Ces deux entreprises sont aussi des réseaux sociaux. WhatApps profite du fait que le Smartphone est depuis devenu le canal privilégié d’accès à Internet. Couplé au fait qu’elle s’appuie sur votre annuaire téléphonique, vous êtes en liaison avec les gens qui comptent vraiment. Donc vous contrôlez effectivement votre réseau. Instagram aussi profite de l’embellie des Smartphones, beaucoup plus sur les caméras embarqués dans ces Smartphones qui sont de plus en plus puissants avec le temps. Avec ces caméras, on peut prendre des photos et les partager avec ces contacts.

Joshua Porter dans son livre “Designing for the Social Web” reprend cette vision centrée sur l’objet social et l’étend en présentant une méthode pour la conception des réseaux sociaux qu’il résume par les identifiants : AOF (Activités – Objets – Fonctionnalités). Sans toutefois vouloir résumer les réseaux sociaux par sa méthode, il ajoute que cela peut aider à définir les critères de priorité avant la conception d’un réseau social. Pour ma part, j’ai souhaité utiliser cette méthode pour aller au-delà de la façade de Facebook et comprendre les fonctionnalités.

La méthode AOF (Activités – Objets – Fonctionnalités) est composée de trois étapes principales :

  1. Définir l’Activité principale : en clair, répondre à la question : que font exactement les utilisateurs ?
  2. Identifier les Objets sociaux : quels sont les objets avec lesquels les personnes interagissent lorsqu’elles se prêtent à l’Activité principale ?
  3. Choisir un ensemble de fonctionnalités de base : ce choix s’opère en répondant à la question de savoir quelles actions les personnes posent sur les objets sociaux ?

Il est bien difficile d’identifier l’activité principale d’un réseau social bien qu’on peut vite l’assimiler au support à l’interaction sociale. Joshua Porter appelle à ne pas confondre les objectifs et les activités : les objectifs sont ceux à quoi les personnes aspirent à la fin tandis que les activités sont un ensemble de tâches que les personnes réalisent pour atteindre ces objectifs.

Les objets sociaux sont les objets qui interviennent dans les activités sociales. Nous avons déjà abordé ce point en relevant l’approche de Jyri Engestrom. Justement, le terme « réseau social » n’a aucun sens si on met de côté les objets qui interviennent dans la relation entre les personnes. Dans votre Smartphone, on y voit installé les applications de Facebook, WhatApps, Instagram, Pinterest, Twitter & autres. Pourquoi tout cela dans votre téléphone alors qu’elles sont toutes étiquetées « réseau social ».

Pour les fonctionnalités de base, cela se déduit des actions que les personnes font des objets sociaux. Par exemple, si nous avons comme objet social une vidéo, quelles actions peut-on faire avec une vidéo ?

  • Jouer,
  • Arrêter,
  • Mettre en pause,
  • Télécharger,
  • Importer,
  • Commenter,
  • Partager,
  • Noter…etc.

Donc les fonctionnalités représentent l’ensemble des actions possibles avec un objet social. Joshua Porter rejoint Jyri Engestrom pour recommander de présenter l’objet par un « nom » et les actions par des « verbes ». Une vidéo se joue, s’arrête, se télécharge, se commente,…etc. Ce sont ces verbes qui sont convertis en fonctionnalités par les développeurs.

Après cette présentation théorique, passons à la pratique. Le slogan de la page d’accueil de Facebook est :

« Avec Facebook, partagez et restez en contact avec votre entourage. »

De mon point de vue et c’est mieux de le préciser, l’activité principale de Facebook est le partage, le partage avec votre entourage. Seulement, la définition du mot « entourage » par les ingénieurs de Facebook n’est pas toujours ce qui vous vient à l’esprit lorsque ce mot est prononcé. Vous pensez sûrement à votre famille, vos amis d’enfance ou vos collègues ? Effectivement, Facebook prend cela en compte mais l’élargit. Dès que nous partageons un intérêt pour un même artiste, une même série, une suggestion est faite pour rejoindre un groupe pour tous ceux qui partagent cet intérêt. Cela a été une idée géniale pour Facebook : la possibilité de créer des « Fan » Page pour un groupe, une célébrité, ou une entreprise, et pourquoi pas une cause.

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Avec cela, on comprend que la vision réductrice du réseau social où on ne voyait que des personnes connectées (et interagissant entre elles) se trouve aussi dans la notion d’entourage. Facebook élargit ce concept et à partir de là, on peut comprend que votre entourage peut être :

  • Votre famille,
  • Vos amis d’enfance (le même quartier ou la même ville, la même école),
  • Vos collègues ou tous ceux avec qui vous avez à un moment partagé le même employeur,
  • Les personnes rencontrées dans un lycée, un collège ou une université,
  • Les personnes avec qui vous partagez la même cause, la même opinion politique, le même artiste, la même marque, la même équipe sportive, (…etc).

Vous vous imaginez que la liste est longue mais comment procède Facebook pour vous mettre en contact avec cet entourage ? Par le renseignement de votre profil. Pour arriver à un renseignement complet, Facebook a défini près de 12 sections qu’on vous vous propose de remplir au moment de votre inscription et même après, pour compléter ou actualiser votre profil. Ces sections sont : A Propos, Amis, Photos,Emissions de télévision, Films, Musique, Livres, Sports, Lieux, Groupes, Evènements, Mentions J’aime.

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Je vais détailler quelques sections par des schémas afin que vous vous fassiez une idée de la conception que Facebook donne au réseau social. A partir de là, vous allez comprendre pourquoi Facebook tire 95% de ses revenus de la publicité. Avec un détail aussi poussé, il est aisé pour les annonceurs de définir un marché cible et ainsi être rassuré quand à l’efficacité de leurs campagnes publicitaires. En Bleu, on a les sections. En Orange et en Vert, on a respectivement les groupes et sous-groupes. En violet, on a les actions.

Pour la section “A Propos”, on a ceci :

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Pour la section “Amis” :

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Pour la section “Photos” :

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Pour les sections “Emissions de télévision”, “Films”, “Musique”, “Livres”, “Sports”, on a ceci (Elles sont été regroupées dans ce schéma car ayant la même structure) :

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Je préfère m’arrêter à ce niveau. Une parenthèse pour vous signaler que ces magnifiques schémas ont été réalisés à partir du site https://www.draw.io : c’est un excellent outil pour concevoir des schémas. Je vous le recommande et en plus il est gratuit.

Pour revenir à la question de ce billet à savoir, comment Facebook gagne son argent, revisitez les schémas ci-haut. Dans mon récent billet qui abordait le ciblage publicitaire sur le web, J’ai relevé que pour communiquer, les annonceurs cherchaient un espace où ils pouvaient rencontrer la population qui correspond le mieux à leur marché cible. Ces détails au niveau du profil, c’est du beurre offert aux annonceurs qui peuvent croiser tous ces critères pour adresser au mieux leur marché cible. Mais en même temps, en tant qu’utilisateur, cela vous permet de retrouver vos amis, connaissances ou rejoindre des groupes qui partagent le même intérêt.

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Faisons un détour par la méthode AOF (Activités – Objets – Fonctionnalités). Pour rappel, La méthode AOF (Activités – Objets – Fonctionnalités) est composée de trois étapes principales :

  1. Définir l’Activité principale : en clair, répondre à la question : que font exactement les utilisateurs ? L’Activité principale de Facebook est le partage, le partage avec votre entourage.
  2. Identifier les Objets sociaux : quels sont les objets avec lesquels les personnes interagissent lorsqu’elles se prêtent à l’Activité principale ? Les objets sociaux de Facebook : Texte, Photo, Vidéo, Lien (adresse web d’une page web), Texte,…etc.
  3. Choisir un ensemble de fonctionnalités de base : ce choix s’opère en répondant à la question de savoir quelles actions les personnes posent sur les objets sociaux ? Fonctionnalités de base de Facebook : J’aime, Commenter, Partager, Publier, Identifier des personnes, Ajouter des photos ou une vidéo, Ajouter un lieu, …etc.

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Vous allez me rétorquez que les réseaux sociaux qui ont précédé Facebook (MySpace, Hi5 et autres) fonctionnaient de la même façon mais ont sombré après. Je vous répondrai avec ces points :

  • Ces réseaux sociaux n’avaient pas redéfini le concept d’entourage comme nous l’avons dit plus haut. L’entourage se limitait aux amis, connaissances et ceux que vous vouliez bien accepter. Facebook étend cet entourage en vous proposant des groupes, communautés ou pages qui partagent le même intérêt que vous pour une célébrité, une série, une école, une université, une cause, un parti politique, un courant de pensée, un livre, …etc.
  • Ces réseaux sociaux étaient axés principalement sur le partage sur le texte. C’était bien lourd, voire impossible pour certains d’utiliser la photo et la vidéo, encore moins un lien.

Reprenons le cours normal des choses en présentant les neuf (9) blocs du business model de Facebook comme cela a été fait avec Google.

1. LES CLIENTS

Sans clients, avons-nous dit, aucune entreprise ne peut survivre. Une organisation sert un ou plusieurs segments de clients. On a des segments distincts quand :

  • Leurs besoins demandent et justifient une offre distincte,
  • Ils sont servis par des canaux différents de distribution,
  • Ils demandent des types différents de relation clientèle,
  • Ils ont substantiellement des profitabilités différentes,
  • Ils sont prêts à payer pour les différents aspects ou déclinaisons de l’offre.

Pour Facebook, il y a 5 segments de clients :

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A partir du 12 Avril, On pourra y ajouter un sixième segment puisque Facebook compte intégrer dans le fil d’actualité les articles de presse des éditeurs, à travers un nouveau canal baptisé “Facebook Instant Articles”.

2. L’OFFRE

L’offre ou proposition de valeur est la raison pour laquelle les clients se tournent vers une entreprise au lieu d’une autre. Elle résout le problème du client ou satisfait les besoins du client.

Nous avons dit que la La valeur délivrée au client peut être quantitative ou qualitative. Comme valeur quantitative, nous avons par exemple le prix ou la rapidité de service. Comme valeur quantitative, nous avons des exemples comme le design, la marque, la qualité de service, la nouveauté, la performance, la personnalisation, l’accessibilité, la réduction des coûts ou des risques, le confort ou l’ergonomie.

Chaque proposition de valeur est constituée d’un ensemble de biens et/ou services qui adressent les attentes d’un segment spécifique de clients.

Quelles sont les offres de Facebook pour chaque segment de clients :

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Qu’observez-vous par rapport aux offres de Facebook? La majeure partie de ses offres se décline à la fois en version web et en version mobile. Quoi de plus normal quand on prend en compte le fait que plus de la moitié des utilisateurs accèdent à Facebook uniquement par mobile

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De plus, 77% des revenus publicitaires de Facebook passent par mobile.

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Donc vous comprenez pourquoi Facebook s’est empressé d’acquérir WhatApps à un montant aussi énorme : 19 milliards US dollars! Le cumul des 57 autres acquisitions qu’elle a faite depuis sa création ne représente qu’une fraction de ce montant. C’est ce que Facebook allait siphonner sa base d’utilisateurs : ce qui aurait mis à mal ses revenus mobiles. Passons maintenant aux canaux.

3. LES CANAUX

Pour rappel, quand on parle de canaux, il s’agit de décrire comment une entreprise communique avec les segments de clients et atteint ceux-ci pour délivrer son offre ou proposition de valeur. Donc, L’interface de l’entreprise avec les clients se fait par les canaux de la communication, de la distribution et de la vente. Les canaux sont des points de contact du client et ils jouent un rôle important dans l’expérience client.

Les canaux servent plusieurs fonctions :

  • Sensibiliser les clients sur les produits et services de l’entreprise (l’attention),
  • Aider les clients à évaluer la proposition de valeur de l’entreprise (l’évaluation),
  • Permettre aux clients d’acheter les produits et services (achat),
  • Délivrer la proposition de valeur (ou offre) aux clients (la livraison),
  • Fournir un support après-vente aux clients (l’après-vente).

Pour amener votre proposition de valeur au marché, vous pouvez choisir entre atteindre vos clients par vos propres canaux, par les canaux des partenaires, ou à travers un mix des deux (2).

Vos propres canaux peuvent être directs (comme votre force de vente ou votre site web), ou indirects comme les magasins de détail (points de vente) appartenant ou exploités par l’entreprise. Les canaux des partenaires sont indirects et couvrent toute une gamme d’options, comme la distribution en gros, en détail ou les sites web partenaires.

Comment Facebook atteint ses clients pour leur délivrer son offre ? Principalement par son site web et par ses applications mobiles. Après, il peut avoir des applications ou sites web particuliers pour gérer certains clients.

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4. LA RELATION CLIENT

L’entreprise a des clients avec qui elle entre en relation par l’offre qu’elle propose : il faut définir le type de relation que l’on souhaite établir avec les clients et en assurer la gestion. Pourquoi définir le type de relation ?Trois (03) motivations à cela selon Alexander Osterwalder :

  • L’acquisition de clients,
  • La rétention des clients,
  • L’augmentation des ventes.

Quelle type de relation? par assistance personnelle, assistance personnelle dédiée (à l’exemple de ce qui est accordée aux VIP), self-service, services automatisés, communautés, co-création.

Facebook, pour la relation client, dispose :

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D’autres artifices existent. Par exemple, pour les utilisateurs, Facebook suggère des pages, des groupes et même des amis, en croissant plusieurs points liés au profil. Ces suggestions visent à élargir votre réseau social et ainsi augmenter votre engagement ou temps de connexion à Facebook.

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5. LES REVENUS

Les revenus représentent le cash, les espèces que l’entreprise génère de chaque segment de client à travers l’offre. Chaque flux de revenu peut avoir différents mécanismes de prix, comme une liste arrêtée de prix, la négociation, la vente aux enchères, le prix du marché, le prix suivant le volume, ou le yield management (tarification différenciée pour gestion du rendement).

Un business model peut nécessiter deux (2) types différents de flux de revenus :

  1. Des revenus de transaction résultant de paiements uniques, non récurrents des clients.
  2. Des revenus récurrents ou réguliers résultant de paiements continus, soit à travers la livraison de la proposition de valeur (offre) aux clients, soit la fourniture du support après-vente aux clients.

Il y a plusieurs moyens de générer des flux de revenus. On peut le faire par :

  • La vente d’actifs,
  • Le droit d’utilisation,
  • La souscription (ou abonnement),
  • Le prêt, la location ou la location-vente (leasing),
  • La licence ou franchise,
  • Le courtage,
  • La publicité.

Avec tout ce que nous avons vu plus haut, nous savons déjà que 95% des revenus de Facebook viennent de la publicité.

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Vous observez vous même que la publicité intervient grandement.

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Facebook a ouvert des brèches, pour une diversification de ses revenus, à travers l’acquisition d’OCULUS VR pour plus de 2 milliards US dollars, pour intégrer le secteur prometteur de la réalité virtuelle.

6. LES RESSOURCES CLES

Tout business model exige des ressources clés. Ces ressources permettent à l’entreprise de créer et d’offrir une proposition de valeur (2ème bloc), d’accéder aux marchés (3ème bloc), de maintenir les relations avec les clients (4ème bloc), et de générer des revenus (5ème bloc). Différentes ressources clés sont nécessaires en fonction du business model.

Les ressources clés peuvent être physiques, financières, intellectuelles ou humaines. Les ressources clés peuvent être achetées ou louées par l’entreprise, ou encore acquises par les partenaires clés de l’entreprise (8ème bloc).

Pour Facebook, on peut relever ceci :

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7. LES ACTIVITES CLES

Tout business model exige des activités clés. Ce sont les actions les plus importantes qu’une entreprise doit prendre pour fonctionner avec succès. Comme les ressources clés, elles sont nécessaires pour créer et d’offrir une proposition de valeur, d’accéder aux marchés, de maintenir les relations avec les segments de client, et de gagner des revenus. Comme les ressources clés, les activités clés diffèrent suivant le type de business model.

Les activités clés peuvent être catégorisées ainsi :

  • Production : ce sont les activités liées à la conception, la fabrication et la livraison d’un produit dans des quantités substantielles et/ou de qualité supérieure. L’activité de production domine le business model des entreprises manufacturières.
  • Résolution de problèmes : les activités clés de ce type consistent à apporter de nouvelles solutions aux problèmes individuels des clients.
  • Plateforme / Réseau : les business models établis sur une plateforme comme ressource clé sont dominés par des plateformes ou réseaux comme activités clés. Les réseaux, les plateformes d’appariement ou de mise en relation, les logiciels et même les marques peuvent fonctionner comme une plateforme.

Facebook a les mêmes activités clés que Google à savoir :

  • La Recherche et Développement (R&D) : C’est le plus poste de dépenses de Facebook. La R&D a consommé près de 27% des revenus de Facebook en 2015, soit 4.816 US milliards de dollars.
  • La gestion des centres de données : C’est l’infrastructure nécessaire à Facebook pour faire fonctionner ses produits et services 24h/24 et 7j/7.
  • Le développement de la plateforme Facebook, afin d’offrir de nouveaux produits et services, d’élargir la base des utilisateurs, de retenir plus longtemps ces utilisateurs sur la plateforme, d’améliorer nos solutions publicitaires et d’améliorer nos outils de développement.

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8. LES PARTENAIRES CLES

Les partenaires clés portent sur les réseaux de fournisseurs et partenaires qui font tourner le business model. On distingue 4 différents types de partenariat :

  • Les alliances stratégiques entre entreprises non concurrentes,
  • La coopétition : ce sont des partenariats stratégiques entre compétiteurs,
  • Les joint-ventures pour développer de nouvelles activités,
  • Les relations acheteurs-fournisseurs pour assurer un approvisionnement fiable.

Les entreprises forgent des partenariats pour plusieurs raisons :

  • Optimisation et économies d’échelle,
  • Réduction des risques et de l’incertitude,
  • Acquisition de ressources et d’activités particulières.

Comme partenaires de Facebook, nous avons :

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Facebook n’a pas les ressources pour produire des jeux, écrire des articles, produire de l’actualité ou encore d’applications diverses pour ses utilisateurs. Grâce à ces partenaires, elle peut offrir aux utilisateurs de Facebook des jeux, de l’actualité, de la musique, des films et même des émissions télé.

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9. LA STRUCTURE DES COUTS

La structure des coûts porte sur la description de tous les coûts engagés pour exploiter un business model. Créer et délivrer de la valeur, accéder aux marchés, maintenir les relations avec les clients, et générer des revenus : tout cela engendre des coûts.

Naturellement, les coûts doivent être minimisés dans tout business model. Il est utile de distinguer 2 catégories générales de structure de coûts pour un business model :

  • Des business models centrés sur les coûts : dans ce type de business model, on se concentre sur la minimisation des coûts autant que possible.
  • Des business models axés sur la valeur : Certaines entreprises sont moins concernées par les implications en terme de coûts de leur business model, et se concentrent plutôt sur la création de valeur.

Les structures de coûts ont les caractéristiques suivantes :

  • Les coûts fixes,
  • Les coûts variables,
  • Les économies d’échelle,
  • Les économies de gamme,

Les coûts et dépenses de Facebook tournent autour de 65% de ses revenus et se répartissent entre :

  • les coûts d’opérations de l’infrastructure technique et des centres de données,
  • la recherche et développement,
  • le marketing et la force de vente,
  • les coûts généraux et administratifs.

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Voilà ainsi survolé les neuf (09) blocs du business model d’Alexander Osterwalder. Quelques sources au cas où vous souhaitez vous faire une idée là dessus :

En attendant vos contributions et partages, retrouvons nous Jeudi pour un autre billet.


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