Créer une boutique en ligne : Où vendre?

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Lors du précédent billet où je présentais cette série “Créer une boutique en ligne” (série qui documentera l’expérience que je suis en train de mener), j’ai relevé que pour qu’il y ai commerce, il fallait :

  • un lieu de rencontre,
  • un acheteur,
  • un vendeur,
  • un ou des produits,
  • et un prix, fixé ou négocié.

Et j’avais ajouté que dans le cadre du commerce en ligne, le lieu de rencontre est le plus souvent un site web, même comme la montée en puissance des réseaux sociaux fait naturellement de ceux-ci d’autres canaux de vente.

Seulement, lorsque vous êtes un peu curieux, vous constatez que tous les e-commerçants n’ont pas de boutique en ligne à travers un site web propre. En clair, tout ce que vous voyez sur Amazon ou eBay ne vient pas forcément d’eBay ou Amazon. Il y a des commerçants qui utilisent leurs plateformes pour vendre leurs produits.

Amazon ou eBay?

Cette situation m’a laissé perplexe et j’ai voulu en savoir plus. Et là, je me lance dans une recherche tous azimuts par Google. Et à la suite des résultats de recherche, je note un point très important : les plateformes qui drainent du trafic, qui attirent beaucoup de monde aiguisent l’appétit de tous ceux qui veulent vendre en ligne. Cela explique les chiffres astronomiques d’un Google ou d’un Facebook, qui profitent naturellement de leur position dominante pour les ventes aux enchères de publicités.

statistic_id266249_google_-ad-revenue-2001-2016Revenus publicitaires de Google en milliards de dollars. Plus 79 milliards US Dollars  de revenus publicitaires pour Google en 2016. Source : Statista.

Du côté du commerce en ligne, il y a les pendants de Facebook et Google, j’ai nommé Amazon et eBay. Ces deux sites drainent l’essentiel des internautes intéressés par l’acte d’achat. Chaque jour, des milliers d’internautes ressentant un besoin pour un produit ou un service font confiance à ces plateformes. Conséquemment, si vous voulez vendre un produit sur Amazon ou eBay, ils vous offrent un espace, contre espèces sonnantes et trébuchantes.

image La page d’accueil d’AmazonServices dédiée aux e-commerçants

Pour le cas d’Amazon, pour que vos produits soient listés, il vous faudra débourser 39 euros chaque mois hors TVA. Cela n’inclut pas ce qu’il nomme “frais de vente” débité pour chaque article vendu, de même que des “frais de gestion” qui s’appliquent pour le moment uniquement aux livres, musique, vidéo et DVD. Je vous soumets pour exemple une simulation faite par Amazon, pour le cas de la vente d’un livre à “23 € sur Amazon.fr à un client en France avec des frais de livraison 2,99 €. Vous possédez un numéro de TVA ou vous agissez en tant qu’entreprise”.

image Source : Amazon

Bien sûr que Amazon a prévu un compte “Basic”, limité à certaines catégories de produits, pour ceux qui vendent les articles “occasionnellement”, qui veut dire pour Amazon moins de 35 articles par mois. Vous échappez à l’abonnement mensuel de 39 euros mais vous êtes néanmoins soumis aux frais de vente et frais de gestion, en plus de “frais par article” arrêté à  0,99 euro par article vendu…

Sans compter qu’à tout moment, Amazon peut modifier sa politique de tarification en augmentant soit un taux, soit un forfait…ce qui peut éroder considérablement vos marges.

image  Source : Amazon. On voit bien ici que la politique tarifaire va évoluer à partir d’Août 2017. Les commerçants de cette catégorie vont devoir reprendre leurs calculettes!

D’accord, jusqu’ici, j’ai fonctionné à charge. A la décharge d’Amazon, il faut dire que Vendre par Amazon a des avantages comme :

  • la possibilité de vendre sur les 5 cinq points de vente européens d’Amazon (si vous êtes en Europe) : France, Italie, Espagne, Allemagne et Grande-Bretagne.
  • le bénéfice de la sécurité et de la protection anti-fraude d’Amazon : c’est plus facile pour un internaute d’utiliser sa carte sur Amazon qu’ailleurs.
  • le listing de vos produits sur Amazon, accessible à des millions de personnes visitant le site.
  • l’accès au service “Expédié par Amazon”, un service logistique à la demande qui peut vous épauler dans la distribution de vos produits.

Si vous doutez du trafic que draine Amazon, je vous renvoie au classement de la FEVAD (Fédération E-commerce et Vente A Distance), pour la France.

image Source : FEVAD, consulté le 14/04/2017

Si vous croyez que ça ne concerne que la France, armez-vous de moteurs de recherche pour trouver des statistiques et vous allez vous retrouver avec la même position dominante d’Amazon.

imageSource : Statista, on voit bien qu’Amazon a eu aux Etats-Unis plus de 184 millions de visiteurs uniques pour un seul mois!

Ebay n’est pas en reste et vous propose les mêmes avantages qu’Amazon : trafic élevé, sécurité des transactions, possibilité de vendre dans plusieurs pays, protection anti-fraude et autres. Néanmoins, il faut aussi tenir compte des coûts.

image Page d’accueil d’eBay pour les e-commerçants

La structure des coûts fonctionne selon le même schéma décrit plus haut pour Amazon : abonnement mensuel, commissions sur le prix final pour certaines catégories de produits, frais d’insertion des annonces, options de mise en vente, frais des outils vendeurs,…etc.

imageUn extrait du plan tarifaire d’eBay

Il ne faut pas oublier que tout compte vendeur eBay est toujours associé à un compte business Paypal pour la sécurité des paiements. Seulement, vous êtes soumis aux tarifs de Paypal, indépendamment de ceux qu’eBay vous applique…

image Un extrait des tarifs appliqués par Paypal

Autant dire que  si vous vous aventurez sur ces plateformes avec des marges bien réduites, elles vont rapidement être dépecées de gauche et à droite.

Je note cela et je me dis qu’il faut continuer l’exploration. Parfois, vous croyez tomber sur pire sur le Net et à la fin, vous ne trouvez pas mieux. Si on tient en compte le volume du trafic qu’Amazon et eBay reçoivent quotidiennement, cela veut dire au moins qu’ils offrent une valeur ajoutée.

Toutes ces plateformes qui fonctionnent comme une place de marché, facilitateur du commerce, lieu de rencontre entre acheteurs et vendeurs, imposent toujours un quota mensuel à verser si vous voulez bénéficier de leur plateforme. J’ai vérifié pour Amazon, je l’ai fait pour eBay. Même Cdiscount qui propose un espace vendeur vous soumet à un abonnement mensuel de 39.99 euros HT (Hors Taxe), sans compter les commissions dont le taux varie suivant la catégorie de votre produit.

Si vous trouvez que cela est cher payé, vous pouvez créer votre propre site web où vous allez vendre vos produits. Seulement, vous n’allez pas bénéficier de l’audience ou trafic qu’Amazon vous offre sur un plateau. Vous allez devoir cravacher dur pour attirer les internautes sur votre site web, passer par Google Adwords pour les campagnes publicitaires, sauter à Facebook Publicités, ou lancer des campagnes à Instagram, Twitter, Pinterest ou autres réseaux qui peuvent drainer du trafic vers votre boutique en ligne. Çà, c’est un autre dossier qui sera abordé.

Lançons nous dans une simulation. Imaginons que je souhaite créer mon propre site web de vente en ligne. Je représente ici le commerçant lambda qui veut juste échapper aux frais d’Amazon et eBay. Que faire? Si c’est me lancer dans la voie de la programmation, il faut oublier. Mieux retourner à Amazon où affalé sur une chaise et 2 ou 3 clics plus tard, j’ai une boutique prête à recevoir les photos de mes produits. Heureusement que le marché a toujours des offres qui ciblent les commerçants lambda qui veulent échapper aux frais de vente, frais de gestion, frais de paiement, frais,…etc. Il y a pléthore d’offres qui vous permettent de créer votre boutique en ligne, des offres intégrées.

Canaux directs / Canaux indirects

Avant de présenter ces offres, faisons un détour par la théorie pour que vous ayez les idées plus claires. C’est un point que j’ai abordé dans un précédent billet.

Lorsque vous avez un produit et que vous voulez l’amener sur le marché, vous avez deux types de canaux :

  • Les canaux directs : c’est votre force de vente, votre site web, ou votre propre boutique.
  • Les canaux indirects : c’est la délivrance de nos produits par des partenaires. Il concerne les ventes dans les boutiques des partenaires et l’appui d’un grossiste ou d’un marchand en gros.

Par exemple, pour le dernier iPhone, vous pouvez l’acheter par l’Apple Store, un canal direct qu’Apple contrôle. Mais vous pouvez aussi l’acheter à Amazon, eBay ou dans un magasin pas loin de votre lieu d’habitation. Là, ce sont des canaux indirects pour Apple.

Le choix de canaux indirects vous permet d’avoir accès à plus de potentiels clients mais réduit vos marges tandis qu’avec les canaux directs, vous avez comparativement accès à moins de clients mais plus de marges.

De la même manière que pour les produits physiques, le passage par les chaines de distribution (grossistes, semi-grossistes ou détaillants) grève vos marges, le passage par les plateformes comme Amazon ou eBay grèvent aussi vos marges tout en vous offrant un volume élevé de ventes. Seulement, Adidas peut se permettre cela. C’est une marque solide. Apple aussi. Samsung. Dell. Et bien d’autres. Mais le commerçant lambda peut vouloir construire lui-même son canal de vente. Et le site web est une voie.

Pour retourner où on s’était arrêté avant cette digression théorique, je rappelais qu’Il y a pléthore d’offres qui vous permettent de créer votre boutique en ligne, des offres intégrées. Ces différentes offres suivent une ligne de démarcation que j’avais évoqué il y a plus d’un an dans le billet “Comprendre le ciblage publicitaire sur le web”.

Depuis l’avènement de l’informatique, le mouvement open source a accompli de grandes choses en créant pour chaque succès commercial un équivalent open source d’excellente qualité. Qu’on pense à la suite bureautique Microsoft Office (Word, Excel, Powerpoint,…), on a aussi une suite bureautique open source comme LibreOffice. Les systèmes d’exploitation ne sont pas en reste avec Linux. Photoshop a aussi un équivalent comme Gimp et bien d’autres. Le mouvement open source  évolue en miroir des solutions payantes. Pour toute solution payante disponible, on trouve un miroir open source.

image Un annuaire des solutions open source proposé par Smile

Solutions Payantes / Solutions Open Source

En clair, lorsque vous voulez créer un site marchand, il y a d’un côté les solutions payantes et d’un autre côté les solutions open source. Résumons cela avec un simple schéma.

OpenPaySolutions payantes et open source pour créer une boutique en ligne. 

Il faut noter que cette présentation n’est pas exhaustive. Le marché des solutions pour créer un site marchand est abondamment fourni. J’ai juste relevé les plus populaires en croisant les résultats de recherche des moteurs de recherche.

Avec les solutions payantes, vous payez un abonnement mensuel comme avec eBay ou Amazon, peut être un peu moins mais avec plus de largesse dans la personnalisation et le paramétrage. En clair, au lieu d’une offre monolithique, un “à prendre ou à laisser”, vous choisissez ce qui est adapté à votre besoin.

image Ici, l’offre de Shopify en 3 plans tarifaires

Toutes ces solutions offrent des plans tarifaires variés qui regroupent aussi des fonctionnalités variées. En fonction de votre besoin, vous faites votre choix. Néanmoins, on retrouve de part et d’autre la même structure tarifaire rencontrée à Amazon ou eBay avec abonnement mensuel, frais de transaction, commissions, frais de paiements, etc. Quelque soit le nom donné, cela aboutit toujours à une ponction des revenus. Peut-être pas à la hauteur d’Amazon ou eBay mais une ponction quand même. Tant que ces solutions payantes permettent de lister les produits, gérer les ordres et recevoir les paiements, nombre d’e-commerçants y trouvent leur compte.

Pour les solutions open source, le tout premier avantage est que vous êtes exempté d’abonnement mensuel. Avec ces solutions, oubliez les 39 euros mensuels hors taxes d’un Amazon ou les 29 US dollars d’un Shopify (pour le plan basique). Oubliez aussi les autres avantages des solutions open source promus par pléthore de sites web si vous vous lancez dans une recherche. Quelque soit ce que vous allez lire, vous ne pouvez pas bénéficier de ces avantages si vous n’avez pas les ressources techniques nécessaires pour installer, configurer et déployer ces solutions open source.

La majorité de ces solutions sont disponibles en exécutables librement téléchargeables et conséquemment, vous devez les installer soit sur un serveur personnel, soit un serveur externe qu’offre les hébergeurs. Un commerçant lambda ne dispose pas de serveur. Donc il le fera chez un hébergeur. Et justement, plusieurs solutions open source proposent des hébergeurs “partenaires”, une sorte de recommandation. Ces partenariats ne recouvrent pas seulement l’hébergement, mais aussi le développement et le paiement.

image Une page regroupant les différents partenaires de la solution opensouce  OpenCart

Pour avoir une idée des coûts engagés, prolongeons un peu l’analyse avec OpenCart. Supposons que je veuille créer ma boutique en ligne en passant par cette plateforme. Je n’ai pas de serveur et il me faut un espace où je dois installer OpenCart pour que mon site marchant soit disponible 24h/24 et 7j/7. Je recours à A2 Hosting, le partenaire recommandé.

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Supposons que je choisisse le plan “LITE” à 3.92 USD/mois. Ce montant promotionnel ne tiendra, dans le meilleur des cas, qu’une seule année. A la deuxième année, vous allez régler 7.99 USD/mois.  Si vous entrez dans les détails pour le plan basique, vous constatez que vous n’avez pas accès au volet “sécurité” d’un site web, le fameux SSL, le protocole de sécurisation des échanges sur le web. Seule le plan “TURBO” à 9.31 USD par mois, tarif promotionnel et 18.99USD tarif normal vous offre cette sécurité.

image Capture d’écran du plan tarifaire où on voit l’absence de SSL pour le plan “LITE” et même pour le plan intermédiaire…

Comment vous allez recevoir des paiements sur un site non sécurisé? C’est impossible pour un site marchant sérieux de se livrer à ce genre d’aventures.

image Un exemple de site avec SSL

Bien sûr, vous pouvez recoller les morceaux en recourant à Let’s Encrypt qui offre gratuitement des certificats SSL mais là encore, l’installation de ces certificats sur  un site web vous renvoie à la technicité évoquée plus haut.

Continuons notre analyse avec l’hypothèse que je maintiens mon plan “LITE” à 3.92 USD mensuel et qu’à coup de tâtonnements, j’ai pu installer un certificat SSL sur mon site marchant grâce à Let’s Encrypt .

Si votre site marchand a besoin de maintenance ou d’un support permanent pour fixer quelques bugs ou faire des mises à jour sécurité sans compromettre la plateforme, un partenaire existe. Observez plus bas un partenaire d’OpenCart qui vous offre un support permanent à 99 USD par mois ou une consultation si vous avez un problème précis à gérer.

image Un support permanent à 99 USD/mois par un partenaire d’OpenCart

Toutes ces solutions ont des “marketplaces” où vous pouvez acheter des extensions à la solution. Ces extensions permettent d’ajouter des fonctionnalités à la solution.

image Une marketplace pour les extensions d’OpenCart. Vous observez que les extensions recouvrent tous les domaines.

Dans tous les cas, vous risquez de vous retrouver dans une situation où vous ne maîtrisez pas les coûts. D’ailleurs, même Magento, la célèbre plateforme open source d’e-commerce a 2 versions pour sa solution : une “Community Edition” librement téléchargeable qu’elle définit pour les développeurs et les petites entreprises et une “Enterprise Edition” pour les professionnels qui nécessite que vous mettiez la main à la poche. Sans compte les extensions, certaines gratuites, d’autres non, qui va falloir ajouter pour booster la plateforme.

image Une capture d’écran des catégories couvertes par les extensions de Magento

Sans oublier que pour le paiement des articles vendus, si vous liez par exemple votre site marchant sous OpenCart à Paypal par exemple, vous allez régler normalement les frais de paiement.

Le débat solutions payantes/solutions open source a toujours animé le web. Et il est difficile de trancher entre les deux. Les grandes entreprises qui ont les ressources humaines fournies en développeurs peuvent s’orienter vers des solutions open source et une fois l’hébergement fait, elles peuvent compter sur leurs développeurs pour faire la maintenance du site, régler quelques bugs, développer des extensions adaptées à leurs besoins. Ainsi, elles ont une plateforme d’e-commerce “sur mesure”.

Par contre, le commerçant lambda qui veut moins de maux de tête s’orientera naturellement vers une solution payante avec des coûts bien connus et programmable. Pas une situation où les coûts peuvent évoluer sans que vous n’ayez aucune visibilité là dessus. Vous pouvez jeter un coup d’œil à un tableau recensant les coûts d’implémentation (budget) d’une solution e-commerce opensource, précisément WooCommerce par un prestataire de services spécialisé qui de plus vante sa transparence en publiant de tels détails.

woocommerce-costs-raison

B2C (Business to Commerce) / B2B (Business to Business)

Il faut noter que le postulat de base de ce billet est que le commerçant cible le client en dernier ressort. En clair, qu’il fasse ce qu’on nomme couramment le “B2C”, le “Business to Customer”, être en relation directe avec le client.  C’est un choix, comme vous pouvez choisir de distribuer vos produits à d’autres entreprises (grossistes, semi-grossistes ou détaillants) qui se chargeront de le mettre à la disposition des utilisateurs finaux. Dans ce cas, on parle de “B2B”, le “Business to Business”. Ce sont ces deux modes de distribution (B2C et B2B) qui dominent le e-commerce actuellement, bien que des variantes soient nées comme le C2C (Customer to Customer), C2B (Consumer to Business), B2G (Business to Government), G2B (Government to Business) et G2C (Government to Citizen). Ces variantes ont pu avoir des apports ailleurs, notamment dans la simplification de certaines procédures (surtout au niveau des services publics) mais cela n’intéresse pas directement le commerçant lambda. Ce qui domine l’e-commerce actuellement est le B2C et le B2B.

Pourquoi insister que le postulat de base de tout ce que j’ai écrit jusqu’ici porte sur le B2C? Tout simplement parce que si votre choix porte sur le B2B, il faut oublier Amazon, eBay et tous les paragraphes plus haut. Le B2B a aussi son écosystème.

Ni Amazon, ni eBay ne sont présentes sur le B2B. Clairement, ce sont des plateformes qui sont orientées B2C. Alors, qui occupe ce champ? Le problème avec les marketplaces B2B, à la différence des marketplaces B2C, est qu’elles sont dépendantes de leur positionnement et de leur géographie. Si vous prenez par exemple  Alibaba, une marketplace B2B, son positionnement est axé sur les produits à bas coûts avec un centre géographique en Chine. De la même manière, vous avez ThomasNet pour les Etats-Unis. Ou TradeIndia pour l’Inde et EC21 pour la Corée du Sud. Ce sont les plus populaires. Il y en a pléthore.

image La page d’accueil d’Alibaba

Ces plateformes sont plus généralistes et vendent presque tout. Concurrence oblige, des plateformes plus spécialisées ont fait leur apparition comme SalonCentric pour les produits de beauté, Joor pour la mode et Maker’s Row pour la bijouterie, l’habillement et l’ameublement.

image Page d’accueil de SalonCentric, plateforme B2B pour les produits de beauté

J’ai beau parcourir ces plateformes, une question me taraude : quelles conditions tarifaires remplir pour y avoir un compte. Il est vrai qu’il y a des plateformes comme QualityTrade qui exigent que ses fournisseurs soient certifiés ISO pour garantir la qualité aux potentiels acheteurs, ce ne sont pas à ces conditions que je pense bien qu’elles soient utiles pour éviter la fraude. Moi je pense à ce qu’il faut débourser financièrement pour figurer sur leurs marketplaces. Prenons l’exemple d’Alibaba, après moult recherches, je constate que la plateforme propose 3 niveaux d’adhésion aux fournisseurs qui souhaitent passer leurs annonces : le “Premium Package”, le “Standard Package” et le “Basic Package”.  Oubliez leur “FREE Member”, la version gratuite car cela ne vous servira à rien tellement cela est limité.

image Le plan tarifaire d’Alibaba

Le seul problème ici est qu’Alibaba ne vous donne pas les tarifs de ces “packages”.  Je décide donc d’essayer de souscrire au “Basic Package” qui en passant affiche vos annonces de produits en 3ème page. Autant dire qu’il faudra un acheteur suffisamment motivé pour balayer les résultats de sa recherche jusqu’à la 3ème page!

image Procédure d’inscription à Alibaba

Après avoir souscrit, je reçois un mail pour confirmation d’adresse mail mais ce n’est pas ce qui m’intéresse. Mon objectif est d’arriver aux tarifs. Je prends mon mal en patience et je m’exécute pour tout le tralala des fenêtres à ouvrir et des confirmations à faire. Je dois reconnaitre que le tableau de bord qui se présente à moi à la suite est complet : tout ce dont vous avez besoin pour vos opérations…

image Le tableau d’accueil du membre d’Alibaba. On a des menus pour la gestion des commandes, la logistique, les cotations, le listing des produits, les contacts et autres.

A la recherche du tarif, je suis vite stoppé par un message qui m’informe qu’Alibaba n’offre plus d’adhésions dans ma zone géographique…

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Je veux capituler mais une idée me traverse l’esprit. Pourquoi ne pas changer simplement le pays? Ok, je modifie et je valide pour la “France” et là, bingo! J’ai les tarifs : 1 399 USD pour le Basic, 2 999 USD pour le Standard et 5 999 USD pour le Premium.

image Les plans tarifs d’Alibaba…

Là, je ne sais si ces tarifs sont annuels ou pas. Néanmoins, ces détails comptent peu, dans la mesure où mon objectif était d’illustrer le principe qui est le même en B2B qu’en B2C avec Amazon et eBay. Vous pouvez verser une somme pour être listé dans leurs plateformes. Ce qui est normal en soi car comme je l’ai présenté plus haut, c’est un problème de choix. Avec ces plateformes, vous avez le trafic servi sur un plateau. Si vous ne voulez pas, il y a d’autres solutions mais il vous faudra cravacher dur pour attirer de l’audience.

Par curiosité, je souhaite aussi avoir un intervalle de prix pour ThomasNet, une plateforme B2B dans la ligne d’Alibaba mais je me ravise car la procédure est encore plus longue et complexe que celle d’Alibaba. Le principe est le même : il faut payer pour être listé.

Si vous êtes têtu et que vous ne voulez pas payer, il y a aussi des solutions payantes B2B et des solutions opensource B2B.

OpenPay2Solutions payantes et open source B2B

A l’observation des solutions, vous pouvez constater qu’il n’existe pratiquement pas de solutions open source à l’exception d’OROCommerce, Magento étant exclu. Magento n’est pas une solution spécifique B2B, plutôt B2C. C’est plus une adaptation de la plateforme pour le B2B qui a été faite. Juste une adaptation avec toutes ses tares. D’ailleurs, les fondateurs d’OROCommerce sont tous d’anciens de Magento.

Les montants pour les souscriptions mensuelles varient en fonction du nombre d’utilisateurs de la plateforme.

image Ici, le plan tarifaire de TradeGecko qui est fonction du nombre d’utilisateurs

Ce tarif est pour les solutions B2B facilement modulables. Les plus costauds du marché ont des tarifs hors de portée pour les petits commerçants…

image Extrait d’une comparaison des plateformes sur le site d’OROCommerce

On observe facilement que les tarifs bien élevés des plateformes B2B offrent du terrain pour une incursion d’une start-up mais c’est un autre débat.

Pour Conclure…

Pour résumer tout ce parcours, il faut dire qu’aucune solution n’est idéale. Tout dépend de votre besoin et de vos ambitions. C’est la raison pour laquelle toutes ces plateformes et solutions se côtoient et chacun trouve son compte.

Si vous voulez juste écouler votre produit et que vous voulez rapidement le faire devant une audience, Amazon et eBay sont une destination idéale. Si par contre, vous trouvez que c’est cher payé pour vos marges, vous pouvez basculer vers les solutions payantes afin de réduire l’étau. Si par la suite, vos affaires fleurissent et que vous estimez que les frais de transaction et vente grèvent sérieusement vos marges compte tenu du volume élevé de vos ventes, vous pouvez demander un accompagnement par un prestataire de service pour implémenter une solution open source. Pour ma part et en tenant compte de l’expérience de création d’une boutique mentionnée en introduction, je vais continuer dans le prochain article avec un parcours de toutes les solutions B2C, afin de décider laquelle sera choisie pour créer ma boutique en ligne. Je préfère m’arrêter à ce niveau car le format de cette série a été faite pour retranscrire une expérience, pas pour du charabia. J’espère vous retrouver la semaine prochaine pour la suite de cette série. N’oubliez pas de vous inscrire à la lettre d’information si vous n’avez pas le temps de revenir sur le blog.

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