Le chemin de croix de l’indépendance financière

 

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Cela fait plus d’un mois que je patauge à gauche et à droite, incapable de produire un seul billet pour ce blog. Serais-je atteint de procrastination? Loin de là.

J’ai entrepris, comme tous les blogueurs, de m’adonner à une simple expérience pour savoir si c’était aussi facile de gagner de l’argent sur Internet comme cela est présenté dans plusieurs annonces de blogueurs professionnels. Et lorsque je parle de gain, il ne s’agit pas de quelques sous mais de réels gains à l’image de stars du blogging qui donnent le tournis, à l’exemple de Pat Flynn de SmartPassiveIncome

image Plus 1,6 millions USD sur les 12 derniers mois et 147 427 USD en Août 2016. Pat Flynn de SmartPassiveIncome a mis la barre très haute en matière de gain d’argent sur le web pour un blogueur professionnel.

ou de John Lee Dumas de EOFIRE

image John Lee Dumas d’EOFIRE n’est pas en reste puisqu’il a gagné près de 196 324 USD seulement pour le mois d’Août 2016. Et l’historique laisse songeur.

Premier arrêt de mon chemin de croix : je reviens à l’article publié dans ce blog sur la stratégie des blogueurs professionnels. Dans ce billet, j’avais présenté la stratégie d’offre graduelle de produits de plusieurs blogueurs et modélisée parfaitement par Robert Skrop dans son livre “The Official Get Rich Guide to Information Marketing”. Le schéma extrait de ce livre résume cette stratégie.

imageLe “Information Marketing Business PyramidTM de Robert Skrop, Une pyramide qui illustre la stratégie de monétisation des contenus.

La pyramide comporte une base et un sommet. La base élargie de la pyramide traduit la cible en terme de nombre d’acheteurs potentiels. Ainsi, plus on monte dans la pyramide, plus la cible du produit se rétrécit, la niche est plus réduite. De plus, plus la niche se réduit, plus le prix est élevé. Il y a huit (8) niveaux à cette pyramide et nous allons partir de la base au sommet pour expliquer. Nous avons ainsi :

  • le niveau 1, “E-mail Opt-ins/Free Content” traduit par “Abonnement email/Contenu gratuit“, est la base de la pyramide et permet au blogueur de proposer du contenu gratuit pour attirer des visiteurs et “clients” potentiels. Ce contenu gratuit est conçu essentiellement pour permettre aux visiteurs et lecteurs de passer à la prochaine strate de la pyramide et s’échange par une adresse email ou par un tweet. Ce contenu gratuit peut être un ebook ou un cours de formation, ou dans le cadre d’une application, une période d’essai gratuite. Je n’ai pas besoin de développer cette partie car cette pratique est largement diffusée sur le web. En règle générale, obtenir l’adresse mail personnel d’un lecteur n’est pas chose facile car qu’on le veuille ou pas, on trouve toujours que cela relève de la sphère privée. Alors, pour l’avoir facilement, les blogueurs professionnels partent du principe que pour recevoir, il faut d’abord donner. Donner pour recevoir : forcément, on vous proposera un livre gratuit, une étude de cas, des vidéos de formation, des jeux concours, réductions, périodes d’essai,…etc. Seule votre imagination est la limite.

imageUn exemple : “Abonnement par mail contre contenu gratuit” par Jeff Bullas. Un livre gratuit contre votre adresse mail.

  • le niveau 2, “Introductory Product“ traduit en “Produit d’introduction”,  est le plus souvent un ebook ou un ebook audio qu’on propose à tous ceux qui ont souscrit au contenu gratuit offert à l’étape 1. Le plus souvent, ce contenu gratuit est un résumé sommaire du produit d’introduction. Le blogueur communique subrepticement par “vous avez apprécié le contenu gratuit? offrez-vous ce produit d’introduction pour l’approfondissement, le plus de détails ou d’astuces“.

imageLe produit d’introduction de Jeff Bullas

  • le niveau 3, Continuity Program” approximativement Programme de Continuité”, permet au blogueur de cibler parmi les visiteurs ou lecteurs ayant acquis le produit d’introduction, ceux qui peuvent payer une formation continue pendant une période, ou s’abonner à une lettre d’information sur le thème abordé par le produit d’introduction. Vous créez ainsi une section “membre” dans votre blog où il est possible pour les intéressés de s’abonner avec un pricing mensuel.

imageLa formation de Jeff Bullas, son programme de continuité à 647 dollars

  • le niveau 4, “High-Priced Products“, “Produits à prix élevés“. Ici, ce sont des produits spéciaux proposés, comme une étude de marché ou un livre quasi encyclopédique qui présente dans les moindres détails les points abordés par exemple dans votre produit d’introduction.

imageLe “Workshop”, Un produit plus spécialisé de Jeff Bullas, où la tarification n’est plus standard mais étudiée au cas par cas

  • le niveau 5, “Seminars“, “Séminaires” : c’est un face à face avec les membres de votre blog que vous facturez. C’est plus interactif car vous discutez, échanger, solutionner les problèmes de vos membres en live. C’est qu’on parle de plus en plus maintenant de “webinars”(webinaires) où le live  se fait en ligne.

imageUn produit d’EOFIRE pour vous accompagner dans la création des wébinaires.

  • le niveau 6, “Group Coaching Program“, “Programme de Coaching en groupe”, qui est une approche ciblée : ici vous offrez l’opportunité à tous ceux qui ont apprécié vos produits de participer à un programme de coaching où vous les aidez à appliquer ce qu’ils ont appris.

  • le niveau 7, “Implementation Services“ (“Services d’implémentation”) : vous participez directement à la mise en place de ce que vous préconisez. Vous vous impliquez personnellement et physiquement. Cela peut se faire à travers un titre de conseiller,  de consultant,  ou de missions d’expertise.

  • Au niveau 8, “Personal Coaching“, “Coaching personnel“, vous vous mettez carrément au service de votre client et l’accompagnez dans toutes ses actions.

Vous pouvez observer qu’à travers une niche, l’objectif du blogueur qui applique cette pyramide est de maximiser ses revenus en abordant par segmentation ceux qui sont intéressés par ses thèmes :

  • Il y en a qui vont se limiter au contenu gratuit,
  • D’autres vont acheter le livre à 3 euros par exemple,
  • D’autres vont souscrire au cours de formation sur un an à 9 euros le mois,
  • D’autres vont acheter vos 9 DVD de formation à 200 euros,
  • D’autres vont préférer participer à une série de séminaires à 400 euros où ils pourront vous poser toutes les questions,
  • D’autres vont solliciter votre programme de coaching pour que vous les accompagnez dans l’application de ce qu’ils ont appris, à 1 500 euros le mois par exemple.
  • D’autres vont solliciter votre assistance exclusive pendant un moment donné, votre détachement auprès d’eux pour les suivre de près, à 3 000 euros par exemple.

Voilà pour la théorie. Je me décide donc à commencer par la première strate : l’ebook.  Je me lance en compilant les billets sous un même thème publié dans ce blog.  Je définis quatre thèmes et naturellement je me trouve avec quatre (04) petits livres. Cela me donne :

image La bibliothèque des titres sur Amazon KDP

Créer ces livres a été relativement facile. En m’appuyant sur Google Docs qui offre à peu près les mêmes fonctions de traitement de texte que Ms Word, j’avais la possibilité d’exporter le contenu soit en PDF pour le reproposer dans mon blog ou en EPUB, format accepté par Amazon KDP.

image On voit bien dans cette capture la possibilité d’exportation en PDF et EPUB offerte par Google Docs, deux formats indispensable pour la publication en indépendant d’un livre.

Pour les images de couverture des livres, je me suis servi principalement de CANVA

image Avec CANVA, facile de sélectionner un modèle et l’ajuster à ses besoins.

Pour les icônes de la page de couverture, j’ai pu compter sur FLATICON, la large base de données d’icônes en licence libre.

image Avec ces icônes libres, vous pouvons les télécharger et l’intégrer dans votre page de couverture.

Les bonnes idées ne font pas la vente d’un livre. La promotion est plus chronophage que l’écriture. Cela fonctionne comme un effet réseau : plus votre livre est connu et apprécié par la critique, plus vous avez de lecteurs. C’est pour cela que vous verrez des auteurs professionnels accorder des interviews lors du lancement de leur livre, faire des soirées dédicaces, arpenter les salons de livre pour des rencontres avec les lecteurs, faire des points de presse,..etc. Toute cette activité demande autant d’énergie, sinon plus que celle déployée pour écrire le livre. C’est le message du dernier livre de Steven Pressfield qu’on ne présente plus, NOBODY WANTS TO READ YOUR SH*T, librement téléchargeable. Le message est simple : la puissance des idées ne vous dispense de la promotion, qu’un livre bien fouillé et écrit ne suffit pas pour être “bestseller”.

Pour ceux qui en doutent, jetez plutôt un coup d’œil au rapport des ventes sur Amazon des 04 livres cités plus-haut…

image Rapport sur les exemplaires commandés pour les livres sur les 30 derniers jours : Vous pouvez constater qu’il y a 03 exemplaires vendus en un mois.

Dans ces conditions, je suis taraudé par les réflexions. Tant de temps pour produire un livre avec un résultat aussi médiocre…Il faut agir mais comment? Avant toute action, il faut faire un diagnostic :

  • Est-ce la page de couverture ou la description du livre qui pose problème?
  • Est-ce l’absence de réelle promotion?
  • Ou c’est une situation inhérente au marché du livre?
  • Ou le sujet est démodé ou dépassé par le temps?
  • Est-ce un problème de diffusion ou de distribution?
  • (…)

On peut se soumettre à une série de questions mais en fin de compte, on doit bien choisir une ou plusieurs questions et agir en conséquence :

  • Si c’est la page de couverture, il faut recourir aux services d’un designer freelance à UpWork ou Fiverr. Dans ce cas, pour une somme assez modeste et un brief, il pourra vous concevoir une page de couverture au rendu professionnel.

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  • Si c’est l’absence d’une réelle promotion, on peut, en fonction de l’audience visée, acheter des mots-clés à Google Adwords, ou un espace à Facebook Ads ou à LinkedIn Advertising…En fonction du média où on estime retrouver notre cible, on y injecte de l’argent pour acquérir de l’espace publicitaire sur ce média.

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  • Si c’est une situation inhérente au marché, alors il faut savoir ce que le marché veut.  Amazon a une page consacrée aux “archives” de ses meilleurs ventes pour les livres, classé de la 1ère à la 100e.

image Meilleures ventes d’Amazon de 2000 à 2015.

Vous pouvez parcourir cet état et vous constaterez que plus de la moitié des meilleures ventes sont des œuvres de fiction.  Après, on peut y retrouver des livres à scandale, des témoignages ou des biographies, des livres sur le développement personnel ou la spiritualité, et quelques manuels scolaires. Autant dire que vaut mieux trouver un sujet d’ordre général pour balayer le maximum de lecteurs…si l’objectif  est de vendre à tout prix. Ou se contenter d’une niche avec moins de ventes. D’ailleurs, quelque soit l’option “marché de masse” ou “niche”, on peut se retrouver avec le même revenu en jouant sur le prix.

  • Si le sujet est “démodé” ou dépassé par le temps, alors il faut carrément abandonner. Néanmoins, c’est un diagnostic difficile à porter dans la mesure où le seul indicateur pour arriver à cette conclusion est le niveau des ventes. Or ce niveau peut être attribuable à d’autres causes, comme celles citées plus haut. La corrélation n’implique pas la causalité.
  • Si c’est un problème de diffusion ou de distribution, alors il faut proposer le livre sous d’autres formats et sous d’autres plateformes. Amazon n’est pas le seul site de vente de livres. On peut proposer son livre à la FNAC, CHAPITRE ou DECITRE. Pléthores de sites de vente de livres existent mais Amazon revient régulièrement chez les blogueurs tout simplement parce que c’est la plateforme la plus facile et évidente pour un éditeur indépendant.

Avec toutes ces analyses, je me retrouve toujours au point de départ car il faut du temps pour tester chaque paramètre. Si vous changez la couverture du livre ou achetez un mot-clé, il faudra donner du temps pour évaluer l’approche. Je décide donc de faire un bilan en fin d’année.

Néanmoins, je me résous quand même à opérer une analyse des revenus des 2 stars du blogging. Je précise qu’ils ne sont pas les seuls. Ces deux là ont été pris juste à titre d’illustration. Prenons le cas de Pat Flynn de SmartPassiveIncome

image SmartPassiveIncome, Détail des revenus du mois d’Août 2016

On voit bien que plus de 65% de ses revenus proviennent de l’affiliation. Après viennent les sponsorings de ses podcasts suivi des applications. Les ventes de livres ne représentent que 5% de ses revenus. Ce n’est pas bon signe pour mes espoirs de gain sur internet…si je vise uniquement passer par le canal de la vente des livres.

Passons maintenant à John Lee Dumas d’EOFIRE

image EOFIRE, Détail des revenus du mois d’Août 2016

Plus de 60% de ses revenus proviennent du sponsoring des podcasts, le reste de la vente de produits et services. La vente de livres ne représentent rien du tout (162 USD). C’est un autre désaveu pour ma stratégie de vente de livres

Pour bénéficier du sponsoring comme ces 2 blogueurs, il faut avoir une audience conséquente. On peut se faire une idée de l’audience de leurs sites par SimilarWeb

image Le blog de Pat Flynn est à près de 890 000 visites mensuelles…

image EOFIRE est à près de 300 000 visites mensuelles…

Cette audience,  mon petit site web ne l’a pas. De plus, ces 2 blogueurs travaillent avec toute une équipe…Ce que je ne peux me permettre. Alors, comment faire? Dois-je accepter cet état de faits et baisser les bras?

En parcourant le “Income Report Roundup” de Septembre 2016 du blogueur Matthew Woodward qui fait une sélection de près d’une vingtaine de blogueurs avec l’évolution de leurs gains mensuels, je me rends compte qu’il est bien possible de trouver une niche puisque ces 20 blogueurs n’ont pas un dénominateur commun comme source de revenus. Il y en a qui tire l’essentiel de leurs revenus du consulting, d’autres de cours en ligne, d’affiliation, de sponsoring, de publicités, …etc. Les sources sont variées.

Cette variation de sources de revenus prouve qu’on peut bien tirer son épingle du jeu si l’imagination est au rendez-vous avec les attentes d’une niche. Seulement, parler d’imagination est une chose, imaginer en est une autre. L’erreur commise par nombre de blogueurs aux débuts est de partir des exceptions comme les 2 stars du blogging pour conclure ou croire que le gain d’argent est accessible. Cette tendance à prendre ceux qui sont visibles pour une référence nous accablent tous et c’est une fois sur le terrain qu’on se rend compte que derrière ces visibles, se cachent des millions d’invisibles.

On ne peut envisager un domaine en tenant compte seulement de l’échantillon de personnes ayant réussi. Le plus important est de tenir compte de l’ensemble des personnes au départ. Si en 2013, on estimait à  3 millions le nombre de blogs créés chaque mois, vous n’avez pas à rougir si votre activité porte difficilement des fruits, ou prendre cela comme une insuffisance personnelle. Rien de cela.

Je me rends compte que le souci de perfection que j’ai associé inconsciemment avec des exigences de réussite et une éthique personnelle s’accommode mal de la réalité propre à la créativité. Ce n’est pas un hasard si Keith Sawyer, un expert scientifique reconnu sur les questions de créativité, a nommé l’un de ses livres “Zig Zag” pour illustrer la difficulté de concevoir une recette pour les activités créatives.

image Le livre de Keith Sawyer que je vous invite à lire…

Ce constat m’amène à une orientation pour ce blog : ce blog servira donc de “zig zag”, de plateformes d’essais/erreurs avant de trouver le bon filon de monétisation. Je l’ai bien mentionné plus haut : il n y a pas de dénominateur commun pour les sources de revenus sur le web. C’est par des tests que plusieurs ont trouvé la voie et encore! Parfois, cette voie n’est pérenne que quelques mois. D’ailleurs, on observe bien une fluctuation des revenus de ces blogueurs dans le temps. C’est la preuve que malgré leurs assises, ils savent qu’il est nécessaire d’opérer des tests chaque fois pour tenir dans la durée. Néanmoins, je dois reconnaitre que la monétisation ne passe pas par la vente de livres, exception faite pour les livres de fiction. Si vous voulez l’indépendance financière par le canal d’une édition indépendante, il faut envisager plutôt écrire une œuvre de fiction. Nous l’avons analysé plus haut, ce créneau est toujours porteur. Autrement, cela est plus difficile pour un indépendant.

Aussi, je vais donc m’atteler dans les prochains jours à produire plus de contenus afin de trouver le pivot nécessaire pour l’indépendance financière. Je dois rappeler qu’on n’obtient pas cette indépendance uniquement par le blogging. C’est la raison pour laquelle je considère cette approche par le blogging comme une expérience. Au rang d’objectif pour cette expérience, j’ai arrêté un revenu mensuel de 1 000 euros à partir du mois de Janvier 2017. Ambitieux certes, avec la situation de la blogosphère francophone. Il faut souvent une certaine démesure dans l’ambition pour y arriver. Il y a du temps avant le premier bilan…d’ici Mars 2017.


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